"Diamant noir" : Un casse de première main à Anvers

Thriller policier mais aussi familial à l’intérieur du milieu secret des diamantaires anversois.

Fernand Denis

Thriller policier mais aussi familial à l’intérieur du milieu secret des diamantaires anversois.

Après un petit cambriolage qui aurait pu mal se terminer, Pier reçoit la visite d’un policier. Surprise, ce n’est pas au commissariat qu’on le conduit mais à la morgue où gît son père, un clochard décédé dans la rue.

Aux funérailles, il renoue un contact glacé avec sa famille pour laquelle il nourrit une haine féroce. Particulièrement à l’endroit de son oncle qui a évincé son paternel de l’entreprise diamantaire familiale. Dans la main tendue de son cousin qui lui propose un job à Anvers, Pier voit l’opportunité de se venger en montant un casse qui ruinerait son oncle.

Ayant quitté Paris pour Anvers, Pier comprend progressivement qu’il faut séparer vie professionnelle et vie privée, que son père était plus doué pour s’inventer une histoire que pour mener une affaire.

Pour son premier film, Arthur Harari essaie lui aussi de faire d’une pierre, deux carats. D’une part, raconter la mise au point minutieuse d’un casse, et de l’autre placer son héros au centre de tensions mélodramatiques : loyauté revancharde à l’égard de son père, attirance de classe pour la fiancée de son cousin, affection inattendue pour cette famille qui lui a trouvé une place dans la société.

Suivant qu’on trouve le verre à moitié plein ou à moitié vide, on verra plutôt les qualités ou les défauts de ce "black diamond". Côté qualité, il y a les ambitions du scénario et sa mise en abyme en choisissant Anvers. Côté défaut, les moyens manquent pour satisfaire les ambitions. La scène inaugurale révélatrice du traumatisme fantasmé du héros est à ce point cheap qu’il faut de longues minutes au film pour remonter la pente. Idem, pour les acteurs. Certains ont une crédibilité immédiate, comme l’oncle ou Rachid, le père de substitution, mais d’autres flottent dans leur personnage, comme la fiancée et le cousin.

Quant à l’acteur principal, Niels Schneider, il provoque un sentiment étrange, celui de voir un acteur qui a du métier, s’en sort plutôt bien mais dans un rôle qui n’est pas pour lui tant on voit le travail de déschneiderisation. Même si, pour la plupart, on a oublié cet acteur québécois des "Amours imaginaires" de Xavier Dolan.

Soit un film à moitié raté ou à moitié réussi mais qui signe la prouesse de forcer les portes des ateliers les plus secrets.


"Diamant noir" : Un casse de première main à Anvers
©IPM

 Réalisation, scénario : Arthur Harari. Images : Tom Harari. Avec Niels Schneider, August Diehl, Hans Peter Cloos… 1h 55