Franck Dubosc : "Une manière de rester éternellement jeune"

Rencontre avec le doubleur Dubosc mais aussi Kev Adams, Mathilde Seigner et Philippe Lellouche, les étoiles de mer du "Monde de Dory".

Patrick Laurent
Franck Dubosc : "Une manière de rester éternellement jeune"
©REPORTERS

Rencontre avec le doubleur Dubosc mais aussi Kev Adams, Mathilde Seigner et Philippe Lellouche, les étoiles de mer du "Monde de Dory".

Quand il s’agit de surfer sur la vague des suites, chez Disney, on ne craint la concurrence de personne, pas même de "Brice de Nice". Pas étonnant, dès lors, de voir le génial Andrew Stanton ("Wall-E") plonger à nouveau, 13 ans plus tard, dans "Le Monde de Dory". Non pas pour y égrener les souvenirs du poisson-clown, mais plutôt pour explorer les trous de mémoire de sa meilleure copine, le poisson-chirurgien bleu roi, Dory. Malgré ses absences, l’amnésique sait que, quelque part, sa famille l’attend. Il reste juste à déterminer où…

Pour cette deuxième aventure aquatique, Franck Dubosc reprend son rôle de Marin, le papa de Nemo. Mais il ne s’agit pas de la seule étoile de cette mer. Kev Adams (Bailey le béluga) y donne aussi de la voix, aux côtés des néophytes Mathilde Seigner (Destinée le requin-baleine) et Philippe Lellouche (Hank le poulpe). "Ce que j’adore chez Disney, c’est la mise au service de l’humour au profit de vrais sujets de société, explique Kev Adams. Faire rire les enfants, c’est ce qu’il y a de plus difficile. Ils perçoivent tout autrement. Avec ‘Le Monde de Dory’, les gags s’adressent à eux, tout en respectant une morale très forte qui est l’importance d’accepter les différences pour bien vivre ensemble. En plus, et c’est pour ça que je suis heureux de doubler le béluga, le film montre ce qui arrive quand on enferme des animaux, parfois bien plus intelligents que nous, dans des espaces confinés. Ils sont déboussolés, malheureux. Ce n’est pas normal qu’ils vivent dans un parc aquatique et non libres dans la mer. C’est cool et audacieux de faire passer ce message-là à des enfants."

"Je ne regarderai plus mon aquarium de la même façon", lance, taquin, Franck Dubosc. Tout en reconnaissant que les dessins animés constituent une aide précieuse pour ouvrir l’esprit des petits. "L’écologie, avant, je ne m’en souciais pas trop. Mais maintenant, cela concerne le monde que je vais laisser à mes enfants. Cela change tout. Désormais, je ressemble assez bien à mon personnage en tant que père. L’éducation, cela me préoccupe énormément, même si c’est relativement récent. Peut-être parce que leur maman est libanaise, mais les valeurs de tolérance sont capitales à mes yeux. Et comme Marin, jamais je ne laisserais partir seuls mes enfants à l’aventure. Alors que moi, j’ai pu le faire. C’est peut-être idiot, mais je suis très protecteur dans un monde qui n’est pas facile."

"Moi, j’agirais plutôt comme les parents de Dory, s’amuse Mathilde Seigner. Il faut soutenir ses enfants, leur donner confiance en eux. Ce qui ne veut pas dire les laisser faire n’importe quoi, loin de là. Il faut des règles, des limites, sinon ils sont malheureux." "Je suis tout à fait sur la même longueur d’ondes, enchaîne Philippe Lellouche. C’est doublement important de fixer des règles : cela les rassure et quand ils grandissent, il y a le plaisir jouissif de transgresser les règles. C’est comme cela qu’on évolue."

C’est aussi ça le charme du "Monde de Dory", dépasser le cadre de l’histoire d’eau pour générer de grandes discussions. "Mais pas seulement, conclut Franck Dubosc. Un film classique, on ne sait jamais s’il aura du succès ou pas. Tandis qu’un dessin animé Disney, on sait qu’il sera pérenne. ‘Le Monde de Nemo’, je l’avais fait en me disant que ce serait pour mes enfants, si je devais en avoir. J’ai eu cette chance et je me dis que mes petits-enfants auront la chance de regarder des dessins animés avec la voix de papy. C’est une formidable manière de rester éternellement jeune…"