"Blood Father" : Allo papa Pan Pan !

Quand on touche à sa fille, Mel Gibson pas content.

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Hubert Heyrendt

Quand on touche à sa fille, Mel Gibson pas content.

John Link (Mel Gibson) est rangé des voitures. Sorti de prison depuis un an, cela en fait deux qu’il est sobre. En bon Américain sur la voie de la rédemption, il participe activement aux réunions des Alcooliques anonymes, se confiant à son sponsor (William H. Macy) au moindre coup de blues… Tandis qu’il accepte sa retraite fauchée dans une caravane déglinguée reconvertie en salon de tatouage dans un coin perdu du désert californien. Mais quand sa fille de 17 ans qu’il n’a pas vue depuis des années (Erin Moriarty) l’appelle au secours, il n’a d’autre choix que de bousculer les termes de sa liberté conditionnelle. C’est que la gamine a eu la mauvaise idée de flinguer son petit ami, membre d’un gang mafieux mexicain désormais à ses trousses…

Après une parenthèse ratée avec le remake inoffensif d’"Un moment d’égarement", le Français Jean-François Richet en revient ici au cinéma hollywoodien, dont il avait déjà tâté en signant le remake d’"Assault on Precinct 13". Il revient surtout à son thème de prédilection : la violence, qu’il traite depuis "Etat des lieux" et "Ma 6-T va crack-er" dans les années 90.

Richet aime les bad-boys ! Après avoir transformé Vincent Cassel en Mesrine dans son diptyque "L’ennemi public N°1/L’instinct de mort", le réalisateur offre à Mel Gibson un rôle sur mesure. Barbe et chevelure poivre et sel, peau burinée, tenant le guidon de sa Harley d’une main et la Winchester de l’autre, l’acteur australien retrouve avec un plaisir évident les habits du vengeur moral, celui qui va tout faire pour remettre sa fille dans le droit chemin, en la sortant de la drogue et des ennuis. Richet met en scène avec une vraie efficacité visuelle ce récit de filiation testostéroné adapté du roman de Peter Craig (le scénariste des deux derniers volets d’"Hunger Games" et du prochain "Top Gun 2"). Le Français s’offre ainsi son rêve américain de cinéma, plongeant à pieds joints dans les paysages et la mythologie du cow-boy moderne. Avec, on s’en doute, un sacré air de déjà-vu…


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Réalisation : Jean-François Richet. Scénario : Peter Craig Andre a Berloff (d’après le roman de Peter Craig). Avec Mel Gibson, Erin Moriarty, William H. Macy… 1 h 28.