"The Infiltrator" : Pour un peu d’adrénaline

L’adrénaline, Mazur, un flic, ne peut s’en passer. Une blessure de service lui permettrait de prendre sa pension et de couler des jours tranquilles avec sa femme et ses enfants. Des jours tranquilles ! Rien que l’idée lui est insupportable.

F.Ds

L’adrénaline. Elle doit manquer aux sportifs quand ils ont quitté le terrain de leurs exploits, aux militaires loin du champ de bataille, aux traders hors de la Bourse, aux truands derrière les barreaux. L’adrénaline, Mazur, un flic, ne peut s’en passer. Une blessure de service lui permettrait de prendre sa pension et de couler des jours tranquilles avec sa femme et ses enfants. Des jours tranquilles ! Rien que l’idée lui est insupportable. Alors, il rempile pour infiltrer un réseau de cocaïne aux USA. Son idée : suivre le pognon jusqu’au sommet de l’organisation, jusqu’à la garde rapprochée de Pablo Escobar. De l’adrénaline, Mazur ne va pas en manquer. Et de la pure, pas coupée. Jusqu’à l’overdose. Cela commence par trouver un informateur digne de confiance, sachant que la confiance totale, comme le risque zéro, n’existe pas. Le plan de Mazur est de s’imposer à l’organisation criminelle comme Mr Propre, celui qui va laver l’argent sale dans ses sociétés légales et permettre ainsi aux barons de la drogue d’investir leurs dollars à la régulière sur le territoire américain. Mais comment infiltrer cette organisation, jusqu’à la tête ? Comment gagner leur confiance ? Comment ne pas basculer dans leur camp ? Comment opérer un maximum d’arrestations sans faire de dégâts ? Comment ne pas se faire démasquer ?

Brad Furman met en scène ces questions avec modestie. On ne se prend pas pour Scorsese ou Coppola. Le thriller est informel, la reconstitution humble, l’adrénaline proposée avec modération. Le bonus, Bryan Cranston. L’acteur de "Breaking Bad" donne du relief à son personnage suffisamment ambigu au point de s’attacher aux truands qu’il fréquente. Et si le véritable "Infiltrator" a raccroché, la blanchisseuse, elle, tourne toujours au Panama. L’argent blanchi est le poumon financier de l’économie US.


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© IPM

Réalisation: Brad Furman. Avec B. Cranston, D. Kruger.2h07