"Kubo et l'Armure magique" : Une aventure trop pliée

Ça commence plutôt bien. Dans une scène hautement spectaculaire, le spectateur est invité à conserver la même vigilance tout au long du récit, sans quoi, c’en est fini du héros.

"Kubo et l'Armure magique" : Une aventure trop pliée
F.Ds

Ça commence plutôt bien. Dans une scène hautement spectaculaire, le spectateur est invité à conserver la même vigilance tout au long du récit, sans quoi, c’en est fini du héros.

Le héros, c’est Kubo, un petit Japonais avec une mèche qui descend jusqu’en bas de sa joue gauche pour cacher son œil borgne. Il vit reclus dans une grotte avec sa mère dépressive depuis que celle-ci a fui sa famille. Son père et ses deux sœurs ont zigouillé son mari et veulent s’en prendre au deuxième œil de leur gamin. Les jours de marché, le petit Kubo se rend au village pour y raconter des histoires. C’est un sacré conteur doté d’un pouvoir magique, celui d’origamiser son récit. A côté de lui, il pose une pile de carrés de papiers multicolores qui se transforment en armée de samouraïs, poule géante ou forteresse. Les spectateurs sont pliés de peur ou de rire mais finissent toujours frustrés car Kubo ne termine jamais son récit. Et pour cause, c’est le sien, il doit encore l’apprendre. Et pour cela, il doit reconstituer l’armure magique composée de trois pièces : l’épée, le plastron et le casque.

Après ce démarrage époustouflant, la suite est d’autant plus décevante avec cette succession de "fights" en arts martiaux. Pendant ce temps, maman se transforme en guenon bleue à peluche et papa revient des morts en scarabée. Chacun est bien dans son rôle, la mère prudente et pédagogique, le père marrant et courageux. Quand les fights se terminent, sonne l’heure de la morale et c’est carrément la messe.

Consolation, la forme est aussi bluffante qu’originale, de bout en bout, avec ces marionnettes incroyablement vivantes et cette sensation de matière, de papier qui se transforme en origami.


"Kubo et l'Armure magique" : Une aventure trop pliée
©IPM

Film d’animation réalisé par Travis Knight. 1h42

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