"Deepwater Horizon" : Film catastrophe

Au milieu du maelstrom, le très patriotique réalisateur Peter Berg ("The Kingdom" et, bientôt, "Patriots Day" sur les attentats de Boston) n’oublie pas de montrer à plusieurs reprises la bannière étoilée, flottant immaculée au milieu des explosions apocalyptiques qui ravagent le titan d’acier.

Lorfèvre Alain

Le 20 avril 2010, la plate-forme pétrolière semi-submersible Deepwater Horizon explosait au large des côtés de la Louisiane, avec 126 employés, hommes et femmes d’équipage à son bord. L’équivalent de 4,9 millions de barils de pétrole brut polluèrent dans la foulée le golfe du Mexique. Ce film catastrophe - dans les deux sens du terme - reconstitue la journée et la nuit du drame, sous un prisme populaire, voire populiste, qui permet d’exalter la conscience professionnelle, l’expertise technique et, par dessus tout, l’esprit de solidarité et de communauté de l’ouvrier américain moyen face à l’avidité coupable des industriels - en l’occurrence les cadres de la compagnie pétrolière britannique BP, qui exploitait la station.

Mark Wahlberg, qui incarne l’héroïque chef ingénieur de la station Mike Williams, n’en est pas à son premier essai de "working class hero". On pense à "Invincible" (2006), mais surtout à "The Perfect Storm" (2000) et son équipage de pêcheurs, déjà poussés à l’extrême par la cupidité des grandes compagnies. Au milieu du maelstrom, le très patriotique réalisateur Peter Berg ("The Kingdom" et, bientôt, "Patriots Day" sur les attentats de Boston) n’oublie pas de montrer à plusieurs reprises la bannière étoilée, flottant immaculée au milieu des explosions apocalyptiques qui ravagent le titan d’acier. La prière collective à la mémoire des victimes et les étreintes avec violon ponctuent une partition trop convenue pour émouvoir encore.


"Deepwater Horizon" : Film catastrophe
©IPM

Réalisation : Peter Berg. Avec Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovich… 1h47