"Assassin's Creed" : La daube de la semaine

F.Ds

Quand l’Inquisition était une pomme de discorde.

L’industrie du jeu vidéo est aujourd’hui plus prospère que celle du cinéma et s’emploie donc à étendre ses activités. "Assassin’s Creed" est le premier long métrage initié par la branche "motion pictures" d’ Ubisoft, un leader du secteur. C’est la première aventure sur grand écran du produit phare de la maison française, la confrérie des Assassins qui travaille dans l’ombre pour sauvegarder la lumière. Entendez, de gentils assassins qui mettent leurs talents guerriers au service du libre arbitre. Et en 1492, celui-ci est gravement menacé par l’Inquisition. Si Torquemada met la main sur la pomme d’Eden (la toute première variété, celle qui contient le gène de la désobéissance), c’en est fini de la liberté de pensée.

Oufti, c’est grave. Faut faire quelque chose. En 2016, dans un pénitencier américain, un condamné à mort attend l’injection létale. En fait, du jus de pomme grâce auquel il se réveille à Madrid. On lui enfile une ceinture électronique pour qu’il aille se battre contre les inquisiteurs et sauver la pomme. Le golden boy multiplie ainsi les bonds de 500 ans dans le temps pour la retrouver. Et il ne fait pas de quartiers, il dézingue à tout-va dans sa lutte contre la… violence.

De fait, il y a comme un pépin. Primo, tous les spectateurs n’ont pas de la compote à la place du cerveau. Deuzio, le "Da Vinci Code", fût-il à l’andalouse, est usé jusqu’au trognon. Tertio, l’ultraviolence des jeux vidéo étant dépourvue de tension narrative et d’émotion dramatique, elle est d’un ennui à tomber dans les pommes.

Jeremy Irons paie ainsi la nouvelle toiture de son château, Marion Cotillard est ravie de retrouver son Macbeth, Michael Fassbender le plus souvent torse nu. Denis Menochet est tout surpris d’être dans un blockbuster. Pas vraiment utile d’éplucher les prochaines destinations de la franchise, ce sera Big Apple.


"Assassin's Creed" : La daube de la semaine
©IPM

Réalisation : Justin Kurzel. Avec Michael Fassbender, Marion Cotillard, Jeremy Irons… 1h 56