"Baby Boss" : Scénario atrocement rétrograde

H. H.

Dans l’imagerie hollywoodienne, on semble être resté coincé dans les années 50 : pas question de dire aux enfants que les bébés sont le fruit de l’union d’un homme et d’une femme ! Après le pathétique "Les cigognes", voici en effet un nouveau film d’animation qui exclut complètement la sexualité de l’équation. Et qui nous ressort la même image, assez glaçante, d’une usine à bébés dans les cieux, fabriquant à la chaîne des bambins qui seront ensuite livrés à leurs parents… A la différence qu’ici, certains d’entre eux sont orientés vers la "direction". Pas de couche-culotte et de tétine pour eux, mais un mini-costard et un attaché-case. L’un de ces golden babies est envoyé en mission spéciale dans une famille. Immédiatement démasqué par son grand frère, qui comprend qu’il n’est pas un bébé comme les autres : le voilà obligé de collaborer avec lui pour contrer la concurrence faite aux enfants par… les chiots, en train de voler tout l’amour des parents.

Le scénario de "Baby Boss" n’est pas seulement improbable; il est atrocement rétrograde. Et on touche carrément le fond quand on va jusqu’à flouter le sexe d’un bébé dans un dessin animé. Où l’on se demande jusqu’où peut aller la pudibonderie américaine ! Difficile d’imaginer, derrière ce navet, Tom McGrath, auteur des trois "Madagascar".


"Baby Boss" : Scénario atrocement rétrograde
©IPM

Réalisation : Tom McGrath. Scénario : Michael McCullers (d’après le roman de Marla Frazee). Musique : Hans Zimmer. Avec les voix en VO de Miles Christopher Bakshi, Alec Baldwin, Steve Buscemi, Lisa Kudrow, Tobey Maguire… 1 h 37.