"Ghost in the Shell" : Scarlett Johansson en robot sexy dans un divertissement diablement efficace

Hubert Heyrendt

Scarlett Johansson reprend en "live" l’héroïne popula-risée par Mamoru Oshii.

Signé Mamoru Oshii en 1995, "Ghost in the Shell" a rendu internationalement célèbre le manga de Masamune Shirow. Après deux autres films d’animation et une série télé japonais, c’est au tour d’Hollywood de porter pour la première fois à l’écran en "live" cet univers futuriste. Rupert Sanders livre une adaptation très fidèle, quasi plan par plan, du film d’Oshii. C’est frappant dans le générique, véritable copier-coller, qui retrace la fabrication de "Major", la flic cyborg au cerveau humain. Il faut dire que Sanders est un spécialiste en la matière, puisque c’est lui qui avait commis "Blanche Neige et le Chasseur" en 2012. Le réalisateur anglais s’en sort bien mieux ici. En grande partie parce que l’univers graphique de Masamune Shirow est déjà cinématographique…

"Ghost in the Shell" reprend point par point l’aspect visuel du manga, plaçant l’histoire dans une mégapole asiatique aux voitures volantes et publicités holographiques qui font évidemment penser à "Blade Runner". Rien d’étonnant puisque, si l’on remonte le fil, tout le monde est allé puiser son inspiration aux mêmes sources : la nouvelle "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" de Philip K. Dick, pour le thème, et Moebius, pour l’esthétique.

S’il ne surprend pas par son scénario - qui simplifie quelque peu l’intrigue complexe du film d’Oshii -, "Ghost in the Shell" est un divertissement diablement efficace. Notamment dans sa version Imax 3D, très immersive.

Mais la vraie bonne idée était de confier le rôle de ce robot sexy à Scarlett Johansson. A peine moins désincarnée que dans "Her" (où elle donnait vie à un personnage virtuel par sa simple voix), l’actrice américaine retrouve ici un personnage proche de celui de "Lucy" de Luc Besson ou, plus encore de son rôle dans "Under the Skin". Sauf que, dans le film de Jonathan Glazer, c’est de tout son corps voluptueux que Johansson incarnait une étrange mante religieuse extraterrestre, qui croquait les hommes pour se sentir humaine… Ici, le corps de l’actrice est sans cesse "virtualisé" par des effets spéciaux pour créer ce cyborg à la recherche de l’humanité cachée à l’intérieur de son enveloppe mécanique.


"Ghost in the Shell" : Scarlett Johansson en robot sexy dans un divertissement diablement efficace
©IPM

Réalisation : Rupert Sanders. Scénario : Jamie Moss&William Wheeler. Avec Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Takeshi Kitano, Juliette Binoche, Michael Pitt… 2 h 00.