"Les Schtroumpfs et le village perdu" : Un dessin animé américain bien éloigné de l’esprit de Peyo

Hubert Heyrendt

Après deux films avec Neil Patrick Harris intégrant les Schtroumpfs à un univers réel, Sony a décidé de changer son fusil d’épaule et de confier la franchise à son studio d’animation. Le résultat n’est guère plus convaincant.

Les animateurs ont beau expliquer s’être rendu à Bruges pour s’imprégner de l’atmosphère belge, "Les Schtroumpfs" sont un pur produit de l’industrie hollywoodienne dans ce qu’elle a de moins inventif, de plus convenu… On est tellement loin de la série télévisée des années 80 (et plus encore du premier long métrage "La flûte à six Schtroumpfs" en 1976) que l’on n’a même pas droit au fameux générique s’ouvrant sur le village bucolique des petits lutins bleus : "La la la Schtroumpf la la…"

Après une courte présentation par le Grand Schtroumpf de ses protégés, c’est parti pour une grande aventure - plutôt féministe - autour de l’identité de la Schtroumpfette (créée par Gargamel à partir d’argile). Accompagnée des Schtroumpfs Costaud, Maladroit et à Lunettes, celle-ci se met en quête d’un mystérieux village perdu de Schtroumpfs, espérant devancer l’horrible sorcier et son chat Azraël. Lesquels rêvent de capturer un maximum de petits êtres bleus pour en capter l’essence magique.

Confié à Kelly Asbury (le réalisateur de "Shrek 2" ou "Gnomeo et Juliette"), ce "reboot" (qui n’en est pas vraiment un) de l’univers des Schtroumpfs fera peut-être sourire les 4-7 ans ; il est pour les autres d’une rare bêtise. Assez laid visuellement avec ses couleurs criardes, jamais inventif dans son intrigue, "Les Schtroumpfs et le village perdu" désole en outre par ses gags éculés. On est malheureusement bien loin de l’esprit malicieux et surréaliste donné par Peyo à ses chers lutins bleus… Un beau gâchis.


"Les Schtroumpfs et le village perdu" : Un dessin animé américain bien éloigné de l’esprit de Peyo
©IPM

Réalisation : Kelly Asbury. Scénario : Stacey Harman & Pamela Ribon. Avec les voix françaises de Laetitia Milot, Gérard Hernandez… 1 h 29.