"C'est beau la vie quand on y pense": Rien ne fonctionne dans ce long métrage débordant de clichés, d’acteurs cachetonneurs...

Fernand Denis

Quand Gérard Jugnot se la joue "fast and furious", lui aussi. En Renault 8 Gordini.

Il a passé l’âge de se faire bronzer, alors il habite en Bretagne où il y existe cinquante nuances de pluie. C’est à peu près tout ce qu’on peut dire de gentil à propos du dernier film de Gérard Jugnot. Ah oui, on peut dire aussi que "C’est beau la vie quand on y pense" fera plaisir aux amateurs de Renault Gordini, c’est pas dans tous les films qu’ils peuvent voir leur modèle culte sur un grand écran.

Pour le reste, le spectacle est désolant. Rien ne fonctionne dans ce long métrage débordant de bons sentiments, de clichés, de coups de théâtre, de sensiblerie, de vannes essoufflées, de poussières, d’acteurs cachetonneurs et bien sûr de crêpes.

Pourtant, il y avait un sujet : le don d’organe. Le personnage de Jugnot veut connaître à tout prix celui qui a reçu le cœur de son fils décédé. Grâce à un ami médecin, le receveur est identifié et Jugnot se précipite à sa rencontre. Soit un garçon de 20 ans, qui vole, qui boit, qui cherche la bagarre comme s’il était pressé d’en finir.

Non, ce n’est pas une suite à "Réparer les vivants", c’est juste un ressort de mélo-comédie. Le mélo, c’est Jugnot qui va prendre ce gamin sous son aile comme il ne l’a pas fait pour son propre fils. La comédie, c’est l’affrontement entre la jeune crevette et le vieux tourteau. Ça ne sent pas très bon, car ce n’est plus très frais. Et comme la sauce ne prend pas entre Gérard Jugnot et François Deblock - qui se la joue Adrien Brody -, c’est la gêne à tous les plans. Ou presque.


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© IPM

Réalisation : Gérard Jugnot. Avec Gérard Jugnot, François Deblock, Isabelle Mergault… 1h35.