"It Comes a Night" : Quelques jours avant la fin du monde

Denis Fernand

Sida, Ebola, gaz de combat ? L’homme respire péniblement. Plus un son ne sort de sa bouche qui crache un sang épais. Un masque à gaz sur la tête, des gants aux mains, un adolescent dit au revoir à son grand-père. On sort le vieux de la maison, on couche son corps gris, couvert de plaies et de pustules dans une brouette. On le dépose sur un drap à même la terre. Dernier échange de regards avec la famille. Le père met un coussin sur le visage et tire un coup de feu à travers. On enroule le cadavre dans une couverture, on la bascule dans un trou jonché de branchages, on l’asperge d’essence et on met le feu.

Que se passe-t-il exactement ? On n’en saura guère plus, quand, la nuit, on essaie d’enfoncer la porte de cette maison isolée au cœur de la forêt. Le père fait prisonnier l’intrus, l’attache à un arbre durant trois jours, pour voir s’il a contracté... Un "virus"? Apparemment non, l’homme cherche de l’eau et de l’aide pour sauver sa famille. Il a une monnaie d’échange : de la nourriture et des animaux, deux chèvres et quelques poules. Le proprio décide de l’accueillir avec sa famille, d’unir leurs forces contre les ennemis.

On pense à une variation de sur "La route". Les centrales nucléaires ont-elle pété ? Une saloperie mise au point par Monsanto a-t-elle échappé à tout contrôle ? Trey Edward Shults ne multiplie pas les effets du genre mais ne s’en prive pas totalement non plus.

Entre suspense et film d’horreur, le cœur du réalisateur hésite et maintient en veille l’esprit du spectateur qui, comprend tardivement où le cinéaste veut en venir dans ce thriller qu’on qualifiera de républicain.


"It Comes a Night" : Quelques jours avant la fin du monde
©IPM

Réalisation : Trey Edward Shults. Avec Joel Edgerton, Riley Keough, Christopher Abbott… 1 h 37.