"Atomic Blonde" : La blondissime Charlyse Theron en tête d’affiche d’un film d’action stylé

Fernand Denis

"Atomic Blonde" est un film de genre. Le genre où le décorateur, la costumière, les maquilleurs, le musical supervisor et bien entendu le coiffeur ont mis le paquet. Charlize Theron - la blonde - se prélasse dans sa baignoire. Il n’y a pas de mousse pour masquer son anatomie mais bien des glaçons. La métaphore, j’adore !

Employée des services secrets britanniques, Lorraine est de retour d’une mission qui, si on en croit son œil au beurre noir, sa lèvre déchirée, les bleus qui lui vaudraient d’être surnommée la schroumpfette, bref de retour d’une mission qui, visiblement, ne s’est pas trop bien déroulée. Elle va nous expliquer tout cela et à ses supérieurs du MI6 par la même occasion.

Le genre, c’est donc, semble-t-il, un film d’espionnage. Sauf que malgré les agents doubles et des coups tordus, on ne perd jamais le fil du récit. En fait, il suffit de suivre le film, qui lui-même suit un lion des montagnes d’Ecosse, ce que Hitchcock appelait un MacGuffin, quelque chose qu’on ne verra jamais et que tous les protagonistes veulent posséder. La liste des 30 mandats de Philippe Close ? Une liste, oui, mais celle des agents secrets des deux camps idéologiques, de quoi relancer la guerre froide.

C’est que la mission s’est déroulée à Berlin en 1989, une semaine avant la chute du Mur. David Scheunemann, le chef décorateur est tout fou, on lui a commandé une multitude de décors qui en jettent à l’Ouest, qui en dépriment à l’Est. Dès que Lorraine met un pied dans l’aéroport de Tempelhof, on le sent excité comme un participant à Tommorrowland.

La costumière, Cindy Evans, est dans le même état. Sa mission est précise, rendre Charlize glamourrissime tout en marquant l’époque mais sans trop handicaper ses mouvements. Sa robe lignée, en laine à grosses mailles, lui va trop bien. En première ligne, il y a bien entendu le département coiffure. Passablement irradié, le coloris atomic blonde tire vers le blanc. Bref, sous la responsabilité du production designer Tibor Lizar qui isole quelques repères esthétiques datés - néon et calligraphie -, le thriller est d’abord stylé.

Après, bien sûr, David Leitch exécute la commande d’action. C’est pif-paf par ici, pif-pouf par là, ça castagne au son de Clash ou de Bowie, mais c’est contemporain pour le coup (ah celui-là, je ne l’avais pas vu venir).

"Atomic Blonde", ça sonne mieux que Jasonnette Bourne mais c’est l’impression générale dégagée par le film. Avec quelques décharges d’ultra-violence, une touche de gore, une louche d’ironie.

Et Charlize dans tout cela ? Eh bien, elle se démène comme Matt Damon mais avec des talons. Elle a la mémoire dans la peau d’un visage d’une perfection publicitaire.


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© IPM

Réalisation : David Leitch. Scénario : Kurt Johnstad (d’après la BD d’Antony Johnston&Sam Hart. Avec Charlize Theron, James McAvoy, Sofia Boutella… 1h 55