"Le petit Spirou" : La daube de la semaine

Fernand Denis

C’est une arnaque. On met "Petit Spirou" sur une affiche, cela éveille la nostalgie de Franquin, épicée par Tome & Janry. Mais sur l’écran, plus rien de tout cela. Juste un film pour enfants usé comme un costume de groom. Il ne suffit pas de passer cette tenue pour avoir la qualité Spirou. Comment un enfant pourrait-il craindre qu’on l’expédie dans une école de groom ? Ça ne fonctionne pas. C’est exactement la ligne de force du "Petit Spirou" de Nicolas Bary : rien ne fonctionne.

A commencer par le scénario. Il n’y en a pas. On avait, semble-t-il, prévu un Post-It pour l’écrire, mais plus d’encre dans le Bic, probablement. Dans une brocante, la production avait trouvé une caisse de gags poussiéreux, on les a tous mis dans le film. A chaque fois qu’on en voit un se pointer, on pense à un poisson mort, flottant sur un canal pollué, le ventre à l’air.

La direction d’acteurs est intransigeante mais cohérente : tout le monde est invité à jouer lourd, et mal de préférence. François l’embrouille s’est appliqué et cela fait de la peine de voir Pierre Richard minauder après tant de rôles récents passionnants. Les enfants font ce qu’on leur demande, pas un ne joue plus mal que l’autre.

Autant le savoir, c’est pire que "Boule & Bill". Oui, oui c’est possible!


"Le petit Spirou" : La daube de la semaine
©IPM

Réalisation : Nicolas Bary. Scénario : Laurent Turner d’après l’œuvre de Tome et Janrys. Avec Pierre Richard, François Damiens… 1h 26