"The Glass Castle" : Un drame familial trèèèès appuyé, forcément "inspiré d’une histoire vraie"

Heyrendt Hubert

Mais quand Hollywood arrêtera-t-il de nous bassiner avec ses "histoires vraies" ? Le procédé est à ce point utilisé depuis 10-15 ans que ça en deviendrait presque comique. Surtout quand l’histoire vraie en question présente un intérêt somme toute limité… Comme c’est le cas de "The Glass Castle", adapté du livre homonyme de la journaliste américaine Jeannette Walls. Précurseur des chroniques pipole à la fin des années 80, elle y retraçait la relation d’amour-haine avec ses parents, qui lui ont offert une éducation en contradiction totale avec ce qu’elle est devenue…

Campée à l’âge adulte par l’excellente Brie Larson (Oscar de la meilleure actrice l’année dernière dans "Room" et future "Captain Marvel" des Avengers), Jeannette se souvient en 1989, à la veille de son mariage avec un jeune loup de Wall Street, de son enfance et des valeurs de liberté dans lesquelles l’ont éduquée son père (Woody Harrelson, au bord de l’autoparodie) et sa mère, peintre de seconde zone (Naomi Watts).

En flash-back, on revit donc les déménagements incessants de cette famille SDF aux quatre coins des Etats-Unis, au gré des licenciements d’un père au grand cœur mais alcoolique. Capable de dépenser le peu d’argent de la famille pour aller picoler, plutôt que d’acheter à manger à ses enfants. Mais capable, aussi, de leur offrir le plus beau des cadeaux de Noël à ses enfants : une étoile dans le ciel…

Dans cette biographie assez gnangnan, on a bien du mal à reconnaître Destin Daniel Cretton, découvert en même temps que Brie Larson dans "States of Grace" en 2013. Toute l’acuité de son regard sur l’Amérique des plus démunis a ici disparu, le jeune réalisateur hawaïen se laissant complètement déborder par une émotion à bon compte, en tirant sur quelques ficelles faciles. Dommage car la question des limites d’une éducation libertaire - avec toutes les conséquences que cela peut impliquer - était intéressante. Et méritait mieux que cette énième ode 100 % hollywoodienne (et interminable) à la famille…


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© IPM

Réalisation : Destin Daniel Cretton. Scénario : D.D. Cretton&Andrew Lanham (d’après le livre de Jeannette Walls). Photo-graphie : Brett Pawlak. Avec Brie Larson, Woody Harrelson, Naomi Watts… 2h07.