"Les Filles du soleil" : trahies, ces combattantes kurdes ne méritaient pas un tel film

F.Ds

Un hélicoptère dépose une reporter de guerre française, quelque part en Syrie sur la ligne de front entre l’EI et les combattants kurdes. Et les combattantes kurdes, faut-il ajouter, et d’ailleurs impatientes de passer à l’action alors que leur général prône la patience.

Le regard noir, Bahar, à la tête du bataillon féminin, ronge son frein. En attendant de les voir passer à l’action, la journaliste raconte le parcours de cette avocate qui porte désormais le treillis et la Kalachnikov, présente les femmes sous ses ordres, montre comment elles ont surmonté l’humiliation d’avoir été transformées en esclaves sexuelles par les islamistes.

Voilà un film qu’on avait envie d’aimer, des héroïnes de notre temps qu’on avait envie de connaître. Que leur épopée soit réalisée par une femme semblait d’autant plus cohérent. Malheureusement Les filles du soleil n’est jamais à la hauteur de son sujet, ni de ses ambitions. La voix off qui plante le décor, résonne déjà comme un aveu de faiblesse. Eva Husson ne sait pas comment mettre ce film en scène alors elle s’accroche aux pires ficelles hollywoodiennes, qu’elle a le mauvais goût de féminiser en dramatisant un accouchement par exemple.

Ces combattantes ne méritaient pas cela, d’autant qu’elles sont carrément trahies au nom du romanesque avec Eva Husson qui amalgame les destins des femmes kurdes et yézidis. Dans le rôle de Bahar, Golshifteh Farahani est une de ces merveilleuses comédiennes dont on aime dire, qu’elle pourrait réciter le bottin, ce serait passionnant. 1307, d’accord mais pas Les Filles du soleil.


"Les Filles du soleil" : trahies, ces combattantes kurdes ne méritaient pas un tel film
©IPM

Réalisation : Eva Husson. Avec Golshifteh Farahani,…1h51.