"Apprentis parents": rempli de clichés mais sauvé par ses personnages secondaires

"Apprentis parents": rempli de clichés mais sauvé par ses personnages secondaires

Du jour au lendemain, les Wagner passent de couple à famille de cinq, avec une ado.

Instant Family sort à un mauvais moment. Ce n’est pas une question de météo, mais de thème, d’environnement.

Pourquoi Ellie et Pete (Rose Byrne et Mark Wahlberg) n’ont-ils pas eu d’enfants ? Ce n’était pas le moment car ils étaient trop concentrés sur leur entreprise de rénovation de maisons. Et quand leur situation est devenue confortable, ce n’était plus le plus moment. Pete ne se voyait pas, à 55 ans, conduire son enfant à l’école primaire.

C’est alors que sa femme a trouvé la solution pour rattraper le temps perdu : adopter des enfants du juge. Du jour au lendemain, ils sont passés de 0 à 3 enfants : une ado de quinze ans, un gamin de dix ans et une petite de cinq ; des sœurs et frère à ne pas séparer.


Comment devient-on une famille ? Tel est le défi auquel sont confrontés les Wagner. Et comment ne pas penser alors à Une histoire de famille de Hirokazu Kore-Eda, sur le même thème.

Peu importe l’angle choisi, la comparaison est accablante de tous les points de vue pour Apprentis parents. Que ce soit la construction dramatique convenue, la caractérisation des personnages, le surjeu des acteurs, le sentimentalisme et les bonnes intentions qui sont au réalisateur Sean Anders, ce que la mayonnaise et du ketchup sont au fast-food.

La comparaison fait apparaître les clichés, les ficelles, une émotion cheap. Et pourtant, le film ne mérite pas de se terminer à l’endroit prévu chez MacDo.

En effet, deux éléments dynamitent cette production industrielle. D’une part, l’injection d’un humour, disons inapproprié. Ainsi, le gamin est maladroit, il possède même une étonnante faculté à provoquer des catastrophes dont il est la première victime. C’est le genre à se tirer un clou dans le pied avec un marteau pneumatique. D’autre part, il y a le ton développé par les deux responsables de l’association chargés de placer les enfants. Tig Notaro est raide, coincée, administrative, à cheval sur le règlement alors que sa collègue, Octavia Spencer est cool, désinhibée, audacieuse et pince-sans-rire. Mais ce qui semblait relever du tandem traditionnel "bad cop - good cop" se métamorphose, au fil des scènes, comme les deux faces d’une même expérience, chargée d’humanité et de sagesse.

Ces deux comédiennes réussissent quelque chose d’épatant, elles imposent un contrepoint qui sauve le film. Quel formidable long métrage aurait été Instant Family si ce duo en avait constitué le cœur du film !

Instant Family / Apprentis parents Comédie dramatique De Sean Anders Scénario Sean Anders Avec Mark Wahlberg, Rose Byrne, Octavia Spencer, Tig Notaro. Durée 1h 59

"Apprentis parents": rempli de clichés mais sauvé par ses personnages secondaires
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