"Mirai, ma petite soeur" retrace avec justesse et tendresse la difficulté pour un petit garçon de voir une sœur arriver

"Mirai, ma petite soeur" retrace avec justesse et tendresse la difficulté pour un petit garçon de voir une sœur arriver

Le temps est clair et limpide sur la mégalopole Yokohama. On plonge sur un quartier résidentiel. Là, une maison perdue parmi les autres attend l’arrivée qui va tout changer. On sonne ! Kun, haut de trois pommes et petit de quatre ans, tout excité, dévale les escaliers. La porte s’ouvre sur papa, sur maman, et dans ses bras, sur sa petite sœur. Elle a les yeux fermés. Kun, les yeux ronds. "Il faut être gentil avec elle, la prot é ger ." Alors que la menotte se referme sur son pouce, dorénavant de grand frère.

Trop content, son papa, sa maman, sa petite sœur Mirai (avenir en japonais) sont là. Mais il a beau crier, taper du pied, maman est fatiguée, papa est débordé. C’est à cause de Mirai. Frustré, le petit Kun la tape avec son train. Elle crie, lui aussi, maman aussi, le chien aussi. Papa, lui , préfère s’occuper du bébé. Kun se réfugie dans le jardin. À travers ses grosses larmes, il voit la cour d’un château. Un prince lui raconte qu’avant, c’était lui le seigneur de ce lieu. Avant, c’était lui que ses parents chouchoutaient. Avant que Kun n’arrive… Le petit garçon reconnaît le chien de la maison.


Le jardin secret

C’est ainsi qu’à chaque frustration, incompréhension qui serre son cœur d’enfant, Kun poussera la porte de ce jardin, de son jardin secret. Est-ce un royaume merveilleux ou le fruit de son imagination ? Qu’importe, il y trouvera des réponses aux questions qu’il a du mal à se poser. Il y rencontrera la Mirai de l’avenir, sa maman du passé, son grand-père décédé… Autant d’apparitions qui, comme dans Un Chant de Noël de Dickens, le feront évoluer. Mais, au contraire de Scrooge et de ses fantômes des Noël passé s , présent et à venir , le petit garçon n’est pas une caricature. Oui, en quelque sorte, on a tous un petit Kun en nous. Même adulte, on se sent parfois tout petit face à ce qui nous touche au - delà de la peau. On crie face au silence. On s’enfui t , on claque la porte, en n’espérant qu’une chose, c’est que l’on nous rattrape. On a les histoires que l’on se raconte quand on est seul. Avant, elles étaient merveilleuses. Avec le temps, elles ont pris le vernis de la réalité, mais, toujours, elles nous ont aidés à avancer dans ce monde.

Mirai, ma petite sœur , qui a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et nommé dans la catégorie animation aux O scars , n’est donc pas seulement un film pour enfants. Il y a tant de la justesse que de la tendresse dans les petites nuances qui composent ce tableau familial. Si Mamoru Hosoda (à qui l’on devait déjà Les Enfants loups, Ame et Yukis en 2012 ou Le Garçon et la Bête en 2015) y ajoute quelques touches de merveilleux, c’est pour mieux révéler le trouble du petit garçon et nous rappeler qu’on se raconte tous des histoires.

Miraï, ma petite sœur / Mirai no Mirai Film d’animation De Mamoru Hosoda Musique Masakatsu Takagi Durée 1h38

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"Mirai, ma petite soeur" retrace avec justesse et tendresse la difficulté pour un petit garçon de voir une sœur arriver
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