"Coureur": un drame où le cycliste flamand Kenneth Mercken revient sur son passé de jeune espoir

"Coureur": un drame où le cycliste flamand Kenneth Mercken revient sur son passé de jeune espoir
©D.R.

A 18 ans, Felix Vereecke (Niels Willaerts) est bien décidé à mettre ses roues dans celles de son père (Koen De Graeve), ancien champion de courses amateur de Genk. Poussé par celui-ci, Felix décroche le maillot de champion de Belgique Espoirs, mais refuse de signer avec une équipe pro flamande. Felix préfère rejoindre une équipe semi-professionnelle basée dans le nord de l’Italie… Là, il comprend vite que s’il veut un jour briller, l’entraînement ne suffira pas, qu’il lui faudra augmenter la quantité de produits dans son corps : testostérones, hormones de croissance et, bien sûr, le sacro-saint EPO…

Du vélo à la caméra

Kenneth Mercken. Hormis aux passionnés les plus assidus de la petite reine, qui suivent jusqu’aux courses de seconde zone, ce nom ne dira sans doute rien à personne. Sauf peut-être aux cinéphiles les plus pointus. Si ce Genkois de 42 ans signe ici son premier long métrage, on lui doit déjà deux courts remarqués ; The Letter en 2012 et surtout Feel Sad for the Bunny, qui avait décroché l’Ensor du meilleur court en 2016. Dans Coureur, Mercken revient de façon très autobiographique sur sa propre expérience de cycliste semi-pro au début des années 2000.


Face à un jeune héros aux cheveux peroxydés, dont le père et l’oncle étaient d’anciens cyclistes, impossible de ne pas penser au destin d’une vraie star du vélo, un certain Frank Vandenbroucke. Lui avait réussi à s’imposer au plus haut niveau, avant de chuter dans des affaires de dopage et de s’éteindre au Sénégal, à 34 ans, victime de ses excès. Issu de la même génération, Kenneth Mercken a su, lui, s’arrêter à temps et se réorienter vers le cinéma…

Ce que filme le cinéaste flamand, c’est cette course à la mort, cet enchaînement de produits, de transfusions chez des cyclistes dont on se demande s’ils sont encore des sportifs ou de simples junkies. Nourri du bagage du réalisateur, Coureur est marqué du sceau authenticité, dans la description d’un milieu glauque, celui de cette équipe minable où les coureurs sont traités comme du bétail.

Cette véracité fait sans doute aussi la faiblesse du film, qui ne parvient pas réellement à creuser la complexité du personnage. Visage toujours fermé, muscles saillants, le jeune comédien (et lui aussi ancien cycliste) Niels Willaerts campe un personnage trop monolithique, axé uniquement vers un seul objectif : gagner à tout prix. Tandis que, très sentimental, Mercken ne trouve comme échappatoire à son héros que sa relation au père, développée notamment à travers une série de flash-back assez maladroits…

Coureur Drame sportif De Kenneth Mercken Scénario Kenneth Mercken Montage Manu Van Hove Avec Niels Willaerts, Fortunato Cerlino, Koen De Graev, Karlijn Sileghem… Durée 1h45.

"Coureur": un drame où le cycliste flamand Kenneth Mercken revient sur son passé de jeune espoir
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