"Shazam!": l'adaptation d'un super-héros classique... avec une bonne dose de second degré

"Shazam!": l'adaptation d'un super-héros classique... avec une bonne dose de second degré

Billy Batson (Asher Angel), 14 ans, a perdu sa mère dans une fête foraine lorsqu’il était enfant. D’orphelinat en foyer d’accueil, il échoue finalement chez les Vasqueze, couple mixte bienveillant qui héberge déjà quatre orphelins d’origine diverse. Billy s’adapte difficilement à ce nouvel environnement, malgré les efforts de la petite Darla, trop ravie d’avoir un nouveau grand frère, ou de Freddy (Jack Dylan Grazer, vu dans It), fan de Superman.

Après avoir défendu ce dernier face aux deux brutes du lycée, Billy, est téléporté dans l’antre d’un vieux sorcier. Celui-ci, lui transmet ses pouvoirs ancestraux ; en prononçant le mot SHAZAM, Billy se métamorphose en demi-dieu (Zachary Levi), chaque lettre lui confère la qualité d’une figure mythologique (la sagesse de Salomon, la force d’Hercule, l’endurance d’Atlas, la puissance de Zeus, le courage d’Achille et la vitesse de Mercure).


Billy est plus préoccupé par ses likes sur les réseaux sociaux que par les responsabilités que lui confèrent ses nouveaux grands pouvoirs (empêcher le retour sur Terre des Sept Péchés Capitaux sous la forme de créatures monstrueuses). Les frasques de Billy attirent l’attention de Thaddeus Sivana (Mark Strong) qui convoite les pouvoirs de Shazam depuis que, enfant, le sorcier l’en avait jugé indigne.

Confiez un super-héros désuet datant de l’âge d’or innocent des années 30 (1) à un réalisateur geek (le Suédois David F. Sandberg s’est fait un nom avec des films fantastiques viraux sur YouTube et Vimeo) et vous obtenez une alternative rafraîchissante aux franchises Marvel et DC. S’inscrivant dans l’univers de la dernière - plus sombre et moins réussi que son concurrent - Shazam ! déploie un second degré bienvenu avec son ado métamorphosé en adulte testostéroné. L’infantilisme inhérente au genre en devient assumée - jusqu’à une baston dans une boutique de produits franchisés.

En maléfique d’un autre âge, Mark Strong ne force pas son talent, mais au moins le registre est-il, ici, souhaité - prétexte à quelques détournements, comme son monologue inaudible dans les airs, ironique retour aux lois de la physique que néglige généralement ce type de film.

Sans forcer le trait, on soulignera aussi la relecture de l’ode traditionnelle à la famille opposant la force unie de la famille recomposée et multiethnique à la soif de pouvoir du gosse de riche brimé par un père autoritaire et méprisant. On évitera d’y lire une métaphore candide des Etats-Unis contemporains. Mais l’interprétation est séduisante.

Shazam ! Comédie super-héroïque De David F. Sandberg Scénario Henry Gayden Avec Zachary Levi, Mark Strong, Asher Angel, Jack Dylan Grazer,… Durée 2h12

"Shazam!": l'adaptation d'un super-héros classique... avec une bonne dose de second degré
©IPM


(1). Succédané de Superman, créé en 1939 par Fawcett Comics sous le nom de Captain Marvel, objet de procès en copyright par DC Comics, revendu à ce dernier et rebaptisé pour éviter la confusion avec Captain Marvel, créé par Marvel Comics entre-temps…