"Rocketman", un biopic réussi sur la vie d'Elton John

"Rocketman", un biopic réussi sur la vie d'Elton John

Quel meilleur moyen de conter la vie de la star qu’à travers ses hits ? Pari réussi.

Fin 2018, la chaîne John Lewis Partners proposait dans sa traditionnelle pub de Noël un résumé nostalgique de la carrière d’Elton John. Coïncidence ou calcul ? Cette évocation d’une star vieillissante se souvenant avec émotion de son premier piano, à rebours du chemin parcouru, ressemble au brouillon de Rocketman - dans ses premières minutes, le film cite le plan du doigt du futur Elton enfonçant sa première touche.

L’argument est le même : raconter comment Reginald Dwight, génie musical précoce mais timide, s’est métamorphosé en l’excentrique sir Elton Hercules John. Et comment ses amours déçues - de ses parents à son Méphistophélès d’amant-manager John Reid (Richard Madden) - ont été son moteur et son malheur.


Pas de biopic sans psychologie, ici prise au pied de la thérapie. Au début du film, Elton John (Taron Egerton, parfait) débarque dans un groupe de parole en costume à paillettes, mi-ange mi-démon. Il est dans la stratosphère de la gloire, durant sa flamboyante décennie 1970. Sa candle n’est pas qu’in the wind : elle brûle par les deux bouts. A deux lignes de coke du crash, "Rocket man burning out his fuse"….

Résumé à sa structure, ce biopic coche toutes les cases : enfance modeste, débuts laborieux, percée, succès, fortune, excès, chute et rédemption. Afin de sublimer ce canevas, le scénariste Lee Hall (Billy Elliot) a choisi la matrice d’une comédie musicale (à voir bientôt à Broadway et dans le West End ?). Les hits d’Elton résument son histoire, revisitée à coup d’ellipses telle une extravagance de Baz Lhurmann.

Saturday Night’s Alright For Fighting virevolte du Reg ado, animant les pubs, au chanteur en devenir dans le Swinging London. Crocodile Rock recrée ses débuts de showman en apesanteur et l’extase de la scène. Pinball Wizard résume le tourbillon des tournées… Les paroles reflètent les tourments d’Elton et soulignent sa communion créatrice avec son parolier, Bernie Taupin (Jamie Bell), véritable bromance artistique, illustrée à travers la création de leur premier hit, Your Song.

Moins d’un an après Bohemian Rhapsody , sur Freddie Mercury, difficile de ne pas comparer. D’autant plus que le réalisateur, Dexter Fletcher, prend ici sa revanche : choisi à l’origine pour diriger Bohemian Rhapsody, puis remercié pour "divergences artistiques", il a achevé la queenerie dans l’anonymat, après le limogage de Bryan Singer. Fletcher livre ici un show plus rythmé et inspiré, parfois drôle, aussi, à l’aune et à l’honneur du principal intéressé.

Rocketman Biopic musical De Dexter Fletcher. Scénario Lee Hall Avec Taron Egerton, Jamie Bell Durée 2h01.

"Rocketman", un biopic réussi sur la vie d'Elton John
©IPM


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