"Haut les filles", un documentaire sur les femmes et le rock sans point de vue, ni éclairage

"Haut les filles", un documentaire sur les femmes et le rock sans point de vue, ni éclairage
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"Un jour, un documentaire sur le thème du genre dans le rock n’aura plus de sens".

Quelle lucidité. Mais il aura fallu 1h15 sur un total de 79 minutes pour que François Armanet en arrive à cette conclusion, pour se rendre compte que sa succession d’images de concerts, de clips et d’interviews, de chanteuses françaises plus ou moins rock, c’était n’importe quoi, juste pour se faire plaisir.

Bon, le spectateur, lui, s’en est rendu compte beaucoup plus vite. Au début, on est intrigué, quand on vous balance qu’Édith Piaf est la première chanteuse de rock. Whaoouh. Après le round d’observation des différentes intervenantes, Françoise Hardy, Vanessa Paradis, Jehnny Beth et autres Camélia Jordana évoquant leurs débuts ; on s’attend à une analyse décoiffante. Mais Piaf est déjà oubliée, retournée avec les Compagnons de la Chanson, le premier boys band selon François Armanet, probablement.


C’est parti pour un "jyfoutout" de celles qui ont accepté de passer devant sa caméra pour dire quelques mots. Ça parle de masculinité, de féminité, de féminisme, de punk, de yéyé ; ça part dans tous les sens et ça retombe toujours nulle part.

On passe de Barbara à Joe le Taxi et une voix off péremptoire se charge de faire tenir tout cela sans point de vie apparent, sans fil rouge, sans éclairage.

C’est tellement de bric, de broc et d’affirmations fumeuses que cela devient rapidement très agaçant, voire irritant. Quelques souvenirs de Lou Doillon, quelques accents de sincérité de Charlotte Gainsbourg, quelques aveux de Vanessa Paradis aident à rendre moins pénible cette prétendue plongée au pays des rockeuses.

Haut les filles Documentaire De François Armanet Avec Jeanne Added, Jehnny Beth, Lou Doillon Durée 1h19.

"Haut les filles", un documentaire sur les femmes et le rock sans point de vue, ni éclairage
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