"Rambo: Last Blood": un "film" réalisé avec des gants de boxe... un naufrage absolu

"Rambo: Last Blood": un "film" réalisé avec des gants de boxe... un naufrage absolu
©KFD

Avec Rocky Balboa, Sylvester Stallone tournait en 2007 la page du boxeur le plus célèbre de l’histoire du cinéma (même si le personnage est ensuite réapparu, au second plan, dans Creed). On pensait que l’acteur en avait fait de même pour Rambo dans John Rambo en 2008. Mais il est décidément difficile de raccrocher pour l’ex-star des années 80 – faut bien boucler les fins de mois… À 73 ans, Sly reprend donc du service pour un 5e et dernier volet de la saga, car le héros semble cette fois vraiment très fatigué… Le titre, Rambo : Last Blood, fait en effet explicitement référence au premier film, First Blood en VO.

Après être rentré de Thaïlande, John Rambo a pris sa retraite dans son ranch familial en Arizona, où il a recueilli Gabrielle, une jeune fille qu’il a éduquée comme sa propre fille (Yvette Monreal), et son abuelita (Adriana Barraza). Où l’on découvre en effet que l’ancien béret vert s’est mis à l’espagnol… Alors qu’elle se rend de l’autre côté de la frontière mexicaine pour retrouver son père biologique, Gabrielle est enlevée par un cartel mexicain spécialisé dans la prostitution… Quand Rambo apprend la nouvelle, son sang ne fait qu’un tour. Et il se rend au Mexique pour aller dézinguer tout ce qui bouge !


Rambo à l’aise dans l’Amérique de Trump

John Rambo a toujours été un personnage problématique, représentant le côté obscur de Stallone (quand Rocky était sa part lumineuse). Si, en 1982, le premier film de Ted Kotcheff mettait en scène la difficulté pour les vétérans de l’armée américaine de se réinsérer dans la société après les horreurs vécues au Vietnam, Rambo est vite retourné dans le camp des patriotes. Au fil de son existence, on l’a ainsi vu combattre le Viet-Cong au Vietnam, les troupes soviétiques en Afghanistan ou l’armée birmane pour protéger des missionnaires chrétiens. Et dans l’Amérique de Donald Trump, qui sont ses nouveaux ennemis ? Les Mexicains bien sûr ! Et pour se débarrasser des Chicanos, on peut dire que le justicier sanguinaire fait preuve d’une sacrée imagination et d’un vrai savoir-faire dans le bricolage !

La réalisation de Rambo : Last Blood a été confiée à Adrian Grunberg. Un choix logique quand on sait que son premier long métrage (avec Mel Gibson en 2012) s’appelait Kill the Gringo. On reste ici dans le même esprit avec un Gringo qui met une dérouillée à des dizaines de méchants mexicains qu’on dirait sortis d’un tweet du président américain. Mais au-delà de l’image toujours aussi rétrograde de l’Amérique que renvoie Rambo, ce cinquième volet est surtout une catastrophe cinématographique !

Stallone ne peut plus enlever le t-shirt pour montrer ses biscotos. Le septuagénaire se contente donc de serrer la mâchoire, tandis que, totalement botoxé, son visage est moins expressif que jamais. Surtout, contrairement au Rocky Balboa, on ne trouve ici aucune distance ironique par rapport au personnage. D’un premier degré affligeant, réalisé avec des gants de boxe, ce film gore est un naufrage absolu pour la superstar du cinéma d’action hollywoodien des années 80.
On serait presque triste pour lui…

Rambo : Last Blood - De Adrian Grunberg - Scénario Sylvester Stallone & Matt Cirulnick - Musique Brian Tyler Avec Sylvester Stallone, Adriana Barraza, Paz Vega, Yvette Monreal…  Durée 1h41.

"Rambo: Last Blood": un "film" réalisé avec des gants de boxe... un naufrage absolu
©Note LLB