"Poly": de quoi raviver le parfum de vacances toujours trop courtes

Nicolas Vanier adapte l’œuvre (films et romans) de Cécile Aubry, en choisissant de la confier à une héroïne déterminée.

Dans la voiture de sa maman (Julie Gayet), Cécile fait la tête. Cette idée de déménagement à Beaucastel, petit village des Cévennes, la saoule. En pleines vacances, sans école à l’horizon, elle n’est pas près de se faire des copains. Et puis, son papa lui manque beaucoup. Contrairement à ce que prétendent ses parents, cette histoire de divorce change tout pour elle... À commencer par l’endroit où elle doit désormais vivre avec sa mère Louise. Heureusement, sa solitude et son ennui sont brisés par l’arrivée dans le village du cirque Poly, où elle découvre un poney formidable mais maltraité, qui en est pourtant la principale attraction. Révoltée, Cécile est bien décidée à ne pas laisser son nouvel ami continuer à souffrir. Elle élabore un plan de sauvetage qu’elle va soumettre aux gamins du village.

Elisa de Lambert compose une Cécile tout en naturel et en retenue, débrouillarde et pleine d’empathie à l’égard de Poly, en qui elle voit un ami précieux, le premier depuis qu’elle a quitté Paris. Elle doit pourtant encore parvenir à l’apprivoiser. Attiré par la douceur de Cécile, l’élégant alezan reste marqué par les mauvais traitements qu’il a subis. Face à eux, Patrick Timsit est parfait dans le rôle de Brancalou, propriétaire de cirque cruel, avide et ombrageux, uniquement mû par l’appât du gain.

Comme la série de romans et de feuilletons dont il est tiré, le film Poly offre un beau récit d’aventures mais il n’oublie pas d’ouvrir les regards sur la cruauté à l’égard des animaux et la solitude enfantine. Le récit est porté par l’alchimie de son duo : la jeune Elisa de Lambert et le Shetland au caractère bien trempé.

Faire (re)vivre des héro(ïne)s qui parlent au jeune public

La caméra rend grâce aux paysages cévenols et au patient apprentissage de Cécile face au poney meurtri. Outre son décor d’exception, le long métrage bénéfice de la qualité de jeu des seconds rôles endossés par une troupe joyeuse et complice (François Cluzet, Orian Castano,…) Le tout permettra sans doute de faire rêver un large public familial et de raviver le parfum de vacances, toujours trop courtes.

Visiblement, Cécile Aubry inspire Nicolas Vanier. En 2013, déjà, il avait réalisé Belle et Sébastien, autre adaptation d’un roman de l’auteure. Son Poly est librement transposé du premier des neuf feuilletons (baptisé Poly ou Poly et le mystère du château) réalisés par l’auteure et comédienne. A la différence notable que le film "féminise" la série originelle, de feuilletons et de romans, puisqu’elle suivait les aventures nées de l’amitié entre Poly et Pascal, interprété par le fils de Cécile Aubry, le jeune Mehdi El Glaoui.

Poly Aventures De Nicolas Vanier Scénario Jérome Tonnerre, Maxime Giffard Avec Elisa de Lambert, Julie Gayet,… Durée 1h42.

"Poly": de quoi raviver le parfum de vacances toujours trop courtes
©DR

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