Les salles de cinéma restent ouvertes. Mais sous quelles conditions?

L'occupation d’un maximum 200 personnes est tenable. Mais le respect de la règle d'1,5 mètre de distance pourrait réduire considérablement la jauge.

Les salles de cinéma restent ouvertes. Mais sous quelles conditions?
©BAUWERAERTS DIDIER

"Dans l'immédiat, c'est une bonne nouvelle" se réjouit Jérôme Branders, directeur d'exploitation du cinéma Aventure, à Bruxelles. Après le comité de concertation, ce jeudi 22 octobre, les salles de cinémas restent ouvertes. Mais les conditions concrètes de cette ouverture, liées aux nouvelles mesures, restaient imprécises vendredi, à la mi-journée. Elles pourraient avoir un impact sur la viabilité économique des salles.

“Tout dépendra des dispositions concrètes du nouveau protocole” qui doit être communiqué dans la journée pour chaque secteur nous Thierry Laermans, secrétaire général de Fédération des Cinémas de Belgique (FCB). Le nouveau protocole doit entrer en vigueur ce 23 octobre à 18h.

Pour rappel, le comité de concertation a décidé que pour les événements culturels en intérieure, la présence d’un maximum 200 personnes est autorisé, moyennant le respect de la règle d'1,5 mètre de distance et le port du masque.

Peu de salles belges, en jauge réduite, comme c’est le cas depuis le début de l’été, dépassent l'occupation de 200 personnes. Le point crucial pour les exploitants est surtout la distance d’1,5 mètre et l’interprétation de son application.

“Si on doit laisser une rangée vide et deux fauteuils entre les spectateurs, on tombe à 15% de jauge : c’est intenable, nous dit Eric Franssen, du cinéma Le Palace, à Bruxelles. Par contre, “si nous pouvons maintenir une disposition sur chaque rangée en quinconce (pas de spectateurs assis les uns derrière les autres), comme nous le faisons depuis la réouverture, en juillet, alors nous sommes à 30% de jauge, ce qui reste viable économiquement”. Même écho du côté du cinéma Aventure : "à 15%, ça ne servirait à rien de rester ouvert" confirme l'exploitant Jérôme Branders. 

Depuis l’allègement des mesures, précise encore M. Franssen, la disposition s’était assouplie : “nous étions à 60% de jauge”. En conférence de presse du comité de concertation, Pierre-Yves Jeholet, ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a rappelé que les protocoles avaient été respectés dans le domaine de la culture. Aucun foyer de Covid n’y a été relevé ces derniers mois.

Les nouvelles mesures préoccupent les exploitants, même s’ils comprennent l’urgence sanitaire. Une embellie avait été constatée début octobre : “Il y a eu une hausse fréquentation qui s’approchait de ce qu’on pouvait avoir avant le Covid”, précise Eric Franssen du Palace. Suite à la fermeture de l’Horeca, “on constate un ralentissement, mais pas aussi dramatique que ce qu’on craignait.”

Reste que le secteur, comme tant d’autres, vivote. L’interdiction de vente de snacks et de soda (décidée la semaine dernière et d’application depuis le lundi 19 octobre) impacte surtout les multiplexes, dont les ventes de confiseries représentent une rentrée considérable. En moyenne, la fréquentation des salles a baissé de 75% depuis la reprise, par rapport à son niveau pré-pandémie.

“Si la jauge est encore réduite, avertit Thierry Laermans de la FCB, certains exploitants vont souffrir. Nos demandes d’aide deviendront plus urgentes.”

Article mis à jour le 23 octobre à 12h25 pour inclure les réactions de Jérôme Branders et à 16h30 pour inclure l'heure d'entrée en vigueur du nouveau protocole.

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