"Framing Britney": comment Britney Spears est devenue prisonnière de sa célébrité

Le "New York Times" mène l’enquête sur la tutelle imposée depuis 12 ans par son père à la jeune star de la pop.

Sur Instagram, Britney Spears poste, en septembre 2018, la photo d’une petite fenêtre dans un mur ouvrant un paysage marin. En légende : "Il y a toujours un moyen de sortir…" Pour les nombreux fans de la chanteuse qui épluchent ses publications, parfois cryptiques, ce n’est qu’un des nombreux appels à l’aide lancés par la "Princesse de la Pop"… Aujourd’hui, la jeune femme se bat en effet toujours - elle a encore déposé un recours il y a quelques jours - pour mettre fin à la tutelle de son père James (et, depuis 2018, de sa sœur), que lui a imposé la justice il y a 12 ans.

Comment l’idole des teenagers de la fin des années 1990 et du début des années 2000, cette gamine issue d’une petite ville Louisiane au cœur de la Bible Belt, dont l’image oscillait entre la jeune fille sage qui voulait rester vierge jusqu’au mariage et la Lolita hypersexualisée de ses clips, en est-elle arrivée là ? C’est la question que s’est posée Samantha Stark dans ce documentaire, qui bénéficie d’une caution journalistique de poids, celle du New York Times, producteur du film.

"Framing Britney": comment Britney Spears est devenue prisonnière de sa célébrité
©NYT

La poule aux œufs d’or

Aucun des membres de la tutelle - à commencer par James Spears - n’a accepté de répondre aux questions du quotidien new-yorkais. Pas plus que la principale intéressée, qui n’a d’ailleurs peut-être jamais reçu la proposition d’interview… Samantha Stark n’en livre pas moins une enquête fouillée, dans le sillage du mouvement #FreeBritney qui, depuis janvier 2019, agite les réseaux pour exiger sa "libération". Mais au-delà de la tutelle en elle-même - qui s’apparente avant tout à une affaire de très gros sous, Britney gagnant en effet des millions de dollars, dont elle ne voit pas la couleur -, Framing Britney Spears est surtout un réquisitoire à charge contre la culture de la célébrité.

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Ancienne enfant chérie de l’Amérique, quand elle présentait le Club Mickey sur Disney Channel, adolescente adulée du temps de ses premiers albums - elle a écoulé des dizaines de millions d’exemplaires de …Baby One More Time ou d’Oops !…. I Did it Again -, Britney Spears a ensuite connu, sous la pression du système médiatique et de son entourage, une vraie descente aux enfers : divorce, crâne rasé, bagarre avec les paparazzis, perte de la garde de ses deux enfants… Et alors que toute l’Amérique raillait - jusque dans un jeu télé comme Une famille en or - l’idole déchue, personne ne se souciait réellement de la santé mentale d’une jeune femme fragile, dont chaque geste était scruté en permanence. Une jeune femme que l'on découvre ici très émouvante.

Aujourd’hui âgée de 39 ans, Britney est décidée à retrouver le contrôle de son existence. Même si, comme le montre ce documentaire - mais aussi des films récents comme Unsane de Steven Soderbergh ou I Care a Lot avec Rosamund Pike, qui devrait sortir à la réouverture des salles -, le système de tutelle aux États-Unis permet à certains de gagner tellement d’argent sur le dos de la personne qu’ils sont censés protéger qu’il est extrêmement difficile de s’en extirper.

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Framing Britney Documentaire De Samantha Stark Scénario Liz Day Avec Britney Spears, Liz Day, Felicia Culotta… Durée 1h14.

"Framing Britney": comment Britney Spears est devenue prisonnière de sa célébrité
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Disponible sur Prime Video dès le lundi 5 avril.