"Sous les étoiles de Paris": la clodo et le migrant

Catherine Frot en vieille SDF qui prend sous son aile un gamin africain. Larmoyant.

Sous les étoiles de Paris est né, au départ, sous des beaux astres. En préambule, il y avait un documentaire du réalisateur Claus Drexel, Au Bord du Monde, qui recueillait la parole de SDF de Paris.

Drexel imagine une fiction, pour mieux toucher un plus grand public. La dramaturgie induit la simplification. Le groupe de SDF du docu est réduit à une femme Christine (Catherine Frot). Sans âge et suffisamment cabossée que pour être devenue solitaire et revêche. Son monde se réduit à l’horizon qui va du local de voirie qui lui sert d’abri à la soupe populaire. L’exposition dépeint ses journées sans fin, de la routine de l’errance circonscrite. Dernier vestige documentaire ancré dans le réel.

Surgit Suli (Mahamadou Yaffa), un gamin migrant qui a perdu sa mère. Christine résiste, le repousse car un employé municipal la tolère dans son abri si elle y reste seule. Christine craque, prend Suli sous son aile fripée et arpente la Ville Lumière en quête de la mère.

Commence la fable larmoyante qui vogue du quartier africain de Marcadet-Poissonniers, on rencontre des sans-papiers et on pousse jusqu’au centre de rétention, dernier transit avant Roissy.

La fiction, ici, ne transcende pas la réalité. Elle la réduit aux stéréotypes : Christine grogne avant de minauder, Suli est trognon, l’employé municipal est vaguement raciste, les flics des robots sans âme, les migrants sympas et généreux. Il y a même un clodo qui chante du Schubert sous les étoiles. Et tombe la neige sur les quais de la Seine. Préparez les lampions et vos mouchoirs, car Claus Drexel veut prendre vos sentiments en otage.

Sous les étoiles de Paris Mélo mielleux De Claus Drexel Scénario Claus Drexel et Olivier Brunhes Avec Catherine Frot, Mahamadou Yaffa,… Durée 1 h 30.

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© D.R.


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