"Stage Mother": un film qui surfe gentiment sur les préoccupations du moment

L’excès de bons sentiments au service de la lutte contre l’homophobie et la transphobie

On pourrait dire de Stage Mother qu’elle surfe gentiment sur les préoccupations du moment et se glisse tout aussi harmonieusement dans l’air du temps. Celui qui cherche à offrir plus de visibilité et de considération à la cause queer tout en dénonçant l’homophobie et la transphobie qui détruisent tant de familles et surtout de vies.

Stage Mother est tout ce qu’on peut attendre de ce type de comédie feel good : une mamy charmante (Jacki Weaver) qui a toujours vécu à fond son goût pour la musique et les spectacles en tous genres ; des artistes en difficulté mais débordant de bonne volonté ; un conjoint effondré et méfiant ; la meilleure amie de son fiston (Lucy Liu), débrouillarde et grande gueule, même si elle a l’art de faire de mauvais choix. Et face à ce groupe d’artistes solidaires qu’elle découvre, une mère frustrée de tout l’amour qu’elle n’a pas pu offrir à son fils unique parce que son mari ne supportait pas de voir qu’il était "à ce point différent". Un dénigrement qui a forcé le fiston à vivre toute sa vie adulte dans le mensonge et la dissimulation.

Le problème est que le film oscille entre un début trop appuyé et caricatural - pour souligner les différences entre la vie de Maybelline et celle de son fils - et une fin trop sucrée où tout le monde semble devoir trouver sa place mais sans que les questions de fond - addiction, diversité, inclusion, violences faites aux femmes - soient traitées avec assez de pugnacité. Et sans que les personnages secondaires aient suffisamment d’épaisseur et de densité.

À trop cocher les cases de ce chemin de rédemption/réconciliation et de compréhension réciproque, Stage Mother réserve trop peu de surprises, ce qui est pourtant ce qu’on serait en droit d’attendre de ce genre de film, sympathique mais dispensable.

Stage Mother / Belle-Maman (VO) Mélo musical De Thom Fitzgerald Scénario Brad Henning Avec Jacki Weaver, Lucy Liu Durée 1h33.

"Stage Mother": un film qui surfe gentiment sur les préoccupations du moment
©D.R.


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