"The Courier" : un moment clé de l'histoire mondiale et un Benedict Cumberbatch bluffant

Un moment clé de l’histoire mondiale et des tensions entre deux puissances, vu à travers le parcours de "simples citoyens".

Industriel sans histoires, Greville Wynne (Benedict Cumberbatch) mène avec succès ses affaires entre Londres et différents pays de l’Est… Dîners, sorties en ville, golf : Greville est rompu à l’exercice qui consiste à se rendre indispensable aux yeux de ses clients. Et son réseau en Europe de l’Est s’étoffe de plus en plus. Une particularité qui intéresse le MI6 et la CIA. Contacté, Greville accepte de rencontrer un haut gradé russe décidé à faire passer des documents vers l’Ouest afin de freiner l’escalade nucléaire en cours en URSS. La mission, qui devait être de courte durée, se prolonge et au fil des mois, Greville et Oleg Penkovsky (Merab Ninidze) s’accordent une confiance de plus en plus affirmée. Tandis que la tension monte entre l’Est et l’Ouest, Oleg découvre les projets de Khrouchtchev pour Cuba et en informe Greville.

L’histoire de la Guerre froide est jalonnée de moments de crise plus ou moins graves qui ont failli conduire le monde moderne au bord de l’explosion. La crise des missiles de Cuba, en 1962, est l’un de ces moments-clés. Ce que l’on sait moins, c’est que la sortie de crise est le fruit du travail opiniâtre d’un Russe pacifiste convaincu et un Britannique fidèle.

Dominic Cooke signe avec The Courier son deuxième film, seulement. Mais son parcours de metteur en scène au Théâtre permet à cette histoire d’être parfaitement mise en récit et en images, grâce aussi au scénario de Tom O’Connor. Benedict Cumberbatch brille dans le rôle de cet homme qui, par le biais d’une rencontre déterminante, réveille le courage et la ténacité qui sommeillaient en lui.

De nombreux films ou séries ont déjà montré à quel point l’espionnage est d’abord affaire de renseignement et de transmissions de secrets, un travail discret, éloigné des courses-poursuites, évasions et coups d’éclat mis en lumière dans certains films. C’est cette composante éminemment humaine que le film de Cooke éclaire, renouant avec l’élégance et la tension des vieux films d’espionnage. Cumberbatch fait littéralement corps avec son sujet. La capacité de l’acteur à passer par des dizaines d’émotions est impressionnante. Tout comme sa transformation physique à mesure que la situation se corse.

The Courier / Un héros ordinaire Espionnage De Dominic Cooke Scénario Tom O’Connor Avec Benedict Cumberbatch, Merab Ninidze Durée 1h51.

"The Courier" : un moment clé de l'histoire mondiale et un Benedict Cumberbatch bluffant
©D.R.