"Le sens de la famille": Frank Dubosc se fait plaisir en gamine capricieuse ou adolescente revêche

Échangeant leur personnalité, Frank Dubosc et Alexandra Lamy font le job, de 7 à 77 ans.

Alain Morel est un rédacteur en chef dont le canard bat d’une aile et le couple de l’autre. Sur la rivière enchantée d’un parc d’attractions de conte de fées, il a le genre de pensée qui nous saisit dans les moments de ras-le-bol : changer de famille.

Le lendemain, il se réveille dans le corps de son bon à rien d’ado de fils, sa femme dans celui de la benjamine de sept ans, sa fille dans celui de la mère et l’ado dans celui de sa grande sœur, la petite étant dans le corps de papa.

Pour ne rien arranger, c’est le jour où débarque le repreneur de son journal et où la belle-mère s’invite avec son nouveau Jules. Sa femme/fille subit les assauts d’un amant transi.

Potentiel d’absurde

La famille tente de tromper son monde, en espérant que tout rentrera dans le bon corps le jour d’après. "C’est un virus" estimera la mère (infirmière) du haut de ses sept ans. "Ouais, c’est ça, c’est comme la grippe", réplique le père (avec sa voix d’adolescente). Manque de bol : comme d’autres "grippettes" supposées, le "virus" fait une deuxième vague, en ajoutant la Mamy dans la boucle.

L’échange de corps n’est pas un ressort neuf de la SF ou de la comédie (voir les bons vieux Freaky Friday ou Volte Face). Appliqué ici à la famille tout entière et à trois générations, il offre un potentiel d’absurde et de vaudeville rencontré ici par plusieurs scènes habilement troussées, reliées entre elles par un scénario prétexte (la revente du canard, la relation adultère).

Même l’intention sous-entendue du titre (mettre la famille sens dessus dessous pour lui redonner un sens) et sa morale prévisible sont bottées en touche par une fin ouverte - qui pousse le délire un cran au-dessus.

Malgré quelques baisses de régime passagères et des péripéties anecdotiques, Le sens de la famille fournit son comptant de rires grâce à de bons comédiens (le male spreading d’Alexandra Lamy, Frank Dubosc se fait plaisir en gamine capricieuse ou adolescente revêche, Christiane Millet en grand-mère habitée par un ado rebelle) et des jeunes pousses qui en imposent (les excellents Nils Othenin-Girard et Mathilde Roehrich, la révélation Rose de Kervenoaël, plutôt convaincante quand elle joue la mère dans un corps de sept ans).

Pas de quoi propulser la comédie hexagonale vers de nouveaux sommets. Mais au regard du générique, on n’est pas trompé sur la marchandise.

Le sens de la famille Freaky Family De Jean-Patrick Benes Scénario Jean-Patrick Benes, Allan Mauduit Avec Frank Dubosc, Alexandra Lamy, Nils Othenin-Girard, Mathilde Roehrich,… Durée 1h40.

"Le sens de la famille": Frank Dubosc se fait plaisir en gamine capricieuse ou adolescente revêche
©D.R.