"Fast&Furious 9": c’est tellement crétin qu’on en oublie de rire

Le neuvième segment de Fast&Furious n’a peur de rien dans la surenchère.

Coïncidence due à trois reports consécutifs dus à la pandémie, le neuvième opus de Fast and Furious déboule pile vingt ans après le début de la franchise (à trois jours près).

De mécanique, elle est restée au propre et au figuré, sans dévier de sa ligne. Même si on est désormais bien loin des courses clandestines à tombeau ouvert dans les rues de L.A.

Surenchère sans limite

Dom Torretto (Vin Diesel) et Cie se la joue désormais Mission Impossible, courant le monde (instantanés de Tokyo, Edimbourg, Londres et Berlin au programme) pour déjouer les plans d’un fils d’oligarque slave (vague avatar d’Elon Musk) à deux doigts de mettre le monde en coupe réglée.

L’argument de la série a toujours été les moteurs et les tôles froissées. La surenchère est sans limite avec une bagnole récupérée en plein vol plané par un drone, une autre qui voltige tel Spider-Man, un poids lourd blindé qui fait un soleil et une bagnole propulsée dans l’espace - avec les ineffables factotums Tej (Chris Ludacris Bridges) et Roman (Tyrese Gibson). Sans oublier un peu de baston, le Vin ayant ses propres mécaniques à rouler. C’est tellement crétin qu’on en oublie de rire.

Justin Lin, pour la cinquième fois derrière le volant de la franchise, roule sur du velours à défaut de faire dans la dentelle (son FF6 : Tokyo Drift est un des meilleurs segments de la série, d’où le petit détour nostalgique dans la capitale nippone).

Digressions chromos

On cherche un peu de profondeur ? On nous sort le flash-back de la mort du paternel de Dom et son antagonisme avec son frère Jakob (John Cena, sosie officiel du Terminator, à peine plus expressif).

Rien de neuf là non plus : on nous avait déjà sorti un frangin maléfique dans l’épisode 7. Au milieu des autos tamponneuses, ces digressions chromos sont autant à leur place qu’une Smart sur un circuit de F1.

Michelle Rodriguez a ravalé sa fierté féministe, rempilant malgré un rôle à peine plus consistant (comme elle boude un peu, elle ne roule pas la moindre pelle à Vin qui est pourtant son cheum à l’écran). Nathalie Emmanuel et Jordana Brewster font tapisserie.

Ressorties des épisodes précédents les guests Helen Mirren ou Charlize Theron cachetonnent aimablement dans des rôles prétextes - tout en renvoyant en quelques plans et dialogues huilés tous les autres au parking lot de l’art dramatique.

Fast&Furious 9 Daube huilée De Justin Lin Scénario Daniel Casey, Justin Lin Avec Vin Diesel, Justin Lin, Samantha Vincent, Jeff Kirschenbaum, Clayton Townsend… Durée 2h25.

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© D.R.