"Kaamelott": que vaut le long métrage tant attendu par les fans de la série culte ?

Le créateur de Kaamelott livre enfin son long métrage longtemps attendu par les fans de sa série culte. L’exercice tient la route, même si l’humour est un peu moins mordant.

"Il revient pas pour trier les lentilles" annonce l’affiche. Dix ans après que Lancelot a pris le pouvoir, Arthur est exilé volontaire très loin du Royaume de Logres. Lancelot, lui, le fait rechercher par ses mercenaires saxons tout en imposant son joug aux habitants. Certains résistent comme ils peuvent, en sous-terrain ou autour d’une table ronde. Un concours de circonstances va ramener un Arthur fatigué en ses terres.

Alexandre Astier a mûri son retour aussi longtemps. Le passage au format film pour une série à sketches est toujours un défi. L’auteur, réalisateur et interprète suit le même principe que ses modèles monty-pythonesques anglo-saxons : convertir la formule de la série en un long métrage au récit prétexte pour une succession de scènes fignolées et bâties autour des personnages et acteurs clés de la série (notamment l’incontournable duo Karadoc/Perceval), renforcés de quelques guest-stars (dont Sting ou Clovis Cornillac et Guillaume Gallienne dans les premières séquences).

Une trilogie

Ce "premier volet" de ce qui pourrait devenir une trilogie du Graal permet de conclure certains arcs scénaristiques laissés en suspens à la fin de la série. Un texte explicatif au début du film permet aux non-initiés de ne pas être perdus. Mais l’humour, absurde et très particulier, à la tonalité volontairement anachronique, tranchera les avis des néophytes. Le ton de la série avait évolué de simples gags à une narration de plus en plus dramatique.

Astier cherche ici un équilibre. On rit beaucoup alors que ses personnages évoluent entre aventure et parodie de fresque légendaire. Mais les flash-back sur l’éducation d’Arthur dans la légion sont plus faibles et cassent un peu le rythme. L’articulation de plusieurs registres n’est pas toujours fluide. La tonalité, enfin, est moins mordante que les meilleures périodes de la série - un hiatus dont souffraient déjà les dernières saisons.

Mais la formule fonctionne encore. Le budget plus conséquent que celui de la série, permet à Astier de se faire plaisir avec les décors et les costumes. Même si on sent que certaines de ses ambitions ont été limitées. Mais Astier maîtrise son grand œuvre. Il parvient même à garder le contrôle sur le pourtant régulièrement horripilant Christian Clavier. Cela suffit déjà à forcer notre respect.

Kaamelott : Premier Volet Comédie d’aventure De Alexandre Astier Scénario Alexandre Astier Avec Alexandre Astier, Lionnel Astier, Guillaume Gallienne, François Morel,… Durée 2h.

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© D.R.