Que vaut le nouveau OSS 117, Alerte rouge en Afrique noire ?

Jean Dujardin retrouve son rôle fétiche dans une comédie toujours aussi incorrecte, qui se déroule cette fois en Afrique…

Après deux films signés Michel Hazanavicius en 2006 et 2009, qui avaient offert une seconde jeunesse au héros de Jean Bruce, c'est Nicolas Bedos qui s'est collé à ce troisième OSS 117. Après Le Caire et Rio, Hubert Bonisseur de La Bath, célèbre matricule 117 au sein de l'Office of Strategic Services américain, s'envole cette fois pour "l'Afrique" - sans plus de précision sur le pays -, où il va découvrir les petits secrets de la Françafrique.

Ce détail est révélateur du ton de ce troisième volet des aventures d'OSS 117, le plus franchouillard des espions. Douze ans ont passé depuis Rio ne répond plus et la société a pas mal changé. Pas facile, dans ce contexte, de continuer à pratiquer le même humour ravageur et politiquement incorrect. Peut-on rire des musulmans (Le Caire, Nid d'espions), des juifs (Rio ne répond plus) ou, en l'occurrence, des noirs en surfant allègrement sur tous les clichés les plus racistes ? La réponse est toujours oui. Sauf que, cette fois, le héros est conscient de sa maladresse, marchant sans cesse sur des œufs pour tenter de ne pas froisser la sensibilité des Africains…

Un OSS vieillissant

OSS 117 est désormais un has been, totalement dépassé par son époque. L'histoire se déroule début 1981, à quelques semaines de l'élection de François "Mitrand", qu'Hubert Bonisseur de La Bath a bien du mal à imaginer en "patron" à la place de Giscard. "Attention, je n'ai rien contre la modernité. Mais ça ne marche pas", lâche-t-il, sûr de lui, persuadé que la gauche ne passera pas.

Sa nouvelle mission : partir à la recherche de l'agent OSS 1001 (Pierre Niney), jeune prodige des services secrets français ayant disparu alors qu'il devait mater une révolution cherchant à faire tomber le président Bamba, à la veille d'élections libres et transparentes que celui-ci remportera avec 84 % des suffrages, grâce au soutien de la France. L'espion vieillissant a du mal à tenir la comparaison avec son jeune et fringant collègue, dont le style "inverti" a en plus l'heur de plaire aux femmes… Mais le bellâtre reste toujours aussi désarmant de bêtise et un vrai réservoir de platitudes macroniennes - on a souvent fait le rapprochement entre l'espion et le nouveau Giscard français

Même si l'on sent l'inconfort de Jean-François Halin au scénario et Nicolas Bedos à la réalisation - qui intègrent notamment la question du genre et de l'égalité hommes-femmes -, OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire reste truffé de bons mots et de formules choc. Tandis que Bedos signe une réalisation dans la lignée de celle d'Hazanavicius, pastichant gentiment le cinéma d'action des années 80.

OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire Comédie d'espionnage De Nicolas Bedos Scénario Jean-François Halin (d'après les romans de Jean Bruce) Musique Anne-Sophie Versnaeyen & Nicolas Bedos Avec Jean Dujardin, Pierre Niney, Fatou N'Diaye, Gilles Cohen, Wladimir Yordanoff… Durée 1h56.

Que vaut le nouveau OSS 117, Alerte rouge en Afrique noire ?
©D.R.