"Free guy" : il faut sauvegarder le perso Ryan

Entre film d’action, méta-comédie et rom-com 2.0, Shawn Levy a hacké le film de jeu vidéo.

"Free guy" : il faut sauvegarder le perso Ryan
©Disney
Dejoie Céline

Bienvenue à Free City, un univers virtuel multi-joueurs en ligne à la Grand Theft Auto V, où les joueur.euse.s effectuent des missions de préférences violentes. Braquages, fusillades et explosions, sans jamais une goutte de sang.

Guy (Ryan Reynolds) fait partie intégrante de ce jeu vidéo dans lequel il n’est qu’un PNJ (personnage non joueur), un figurant qui subit sa vie sans se poser de questions. Tous les matins, Guy se lève, salue son poisson rouge, enfile sa chemise bleue, commande inlassablement le même café avant d’aller travailler à la banque avec son ami Buddy (Lil Rel Howery). Mais suite à sa rencontre avec une mystérieuse femme nommée Molotov Girl, Guy va prendre conscience de sa propre existence et commencer à exercer son libre arbitre.

Des références à la pelle

Mais comment un PNJ, un enchaînement de 1 et de 0, peut-il éprouver des sentiments et remettre en question ce pourquoi il a été codé ? Dans le monde réel, les premiers étonnés sont Antwan (Taika Waititi), le propriétaire imbuvable de Free City ainsi que les deux concepteurs à l’origine du jeu : Keys (Joe Keery) et Millie aka Molotov Girl (Jodie Comer). Pour les deux amis et collaborateurs de longue date, Guy est la preuve formelle qu’Antwan leur a dérobé le code de leur intelligence artificielle pour l’intégrer dans son jeu illégalement. Millie n’a qu’un but : récupérer la preuve de sa propriété intellectuelle. Le seul moyen pour elle d’y parvenir est via Free City même en sollicitant l’aide de Guy. Et, on l’avait vu venir, tomber amoureuse en passant.

Contrairement à une large majorité de films inspirés de jeux vidéo, Free Guy part d'un scénario original de Matt Lieberman (The Christmas Chronicles) et Zak Penn (Ready Player One). Et c'est bien le seul point original qu'on pourra lui trouver. C'est un joyeux mélange de concepts vus ailleurs, on pense à The Truman Show (1998), The Matrix (1999) ou encore Inception (2010). Difficile pourtant de critiquer ces références quand on sait qu'elles font partie intégrante des meilleurs moments du scénario qui a le mérite de rester (un peu) rafraîchissant, en questionnant l'évolution de l'intelligence artificielle et ses implications.

On regrette que les idées les plus intéressantes se retrouvent noyées dans un flot de scènes d’action à gros budget. Sans oublier une histoire d’amour désuète (le coup de la nana badass qui ramène à la vie un mec paumé et le transforme en super héros, en 2021, vraiment ?) et les (méta)blagues à répétition.

Free Guy reste un divertissement agréable, un blockbuster de l'été plein de bons sentiments avec lequel on passera volontiers 2h en salle. Le casting est assurément un des points forts.

Free Guy Comédie d'arcade De Shawn Levy Scénario Matt Lieberman & Zak Penn Avec Ryan Reynolds, Jodie Comer, Lil Rel Howery, Taika Waititi, Channing Tatum.. Durée 1h54

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