"The Night House": Beth veut comprendre quels démons habitaient son mari pour qu’il en vienne à commettre ce geste tragique…

Rebecca Hall dans un film d’horreur psychologique plus adulte qu’à l’accoutumée.

Enseignante au lycée d’une petite ville reculée de l’État de New York, Beth (Rebecca Hall) vit seule depuis le suicide de son mari. Architecte, c’est lui qui avait conçu les plans et construit leur magnifique maison au bord d’un lac. Laquelle lui apparaît désormais lugubre. Rapidement, la jeune femme ressent en effet une présence dans la maison, tandis que se multiplient les phénomènes étranges et les cauchemars inquiétants… Elle se confie à son amie et collègue Claire (Sarah Goldberg), qui lui conseille de prendre un peu de distance. Mais Beth veut comprendre quels démons habitaient son mari pour qu’il en vienne à commettre ce geste tragique…

Horreur mature

The Night House a tout du classique film de fantôme ; il s'écarte pourtant radicalement du tout-venant de la production horrifique hollywoodienne. Réalisateur indépendant à qui l'on doit plusieurs projets de groupe originaux et un premier film en solo (Le Rituel en 2017), David Bruckner signe un film d'horreur psychologique étonnamment mature pour aborder la question du deuil, mais aussi et surtout celle du couple. Connaît-on réellement la personne dont on partage la vie ? C'est à cette angoissante question que l'héroïne cherche une réponse. Une héroïne à laquelle la large palette de jeu de Rebecca Hall (actrice anglo-américaine découverte en 2006 dans Le Prestige de Christopher Nolan et revue notamment dans The Town de Ben Affleck ou Un jour de pluie à New York de Woody Allen) confère une vraie gravité et une vraie profondeur.

Au-delà de la métaphore du fantastique pour illustrer les affres du deuil et de la perte - le film réserve d'ailleurs de vraies surprises dans l'exploration de ce thème, en prenant des chemins inattendus -, The Night House est avant tout un vrai film d'horreur. Un film qui tourne le dos aux effets appuyés pour miser sur une mise en scène très sobre, qui utilise notamment habilement le classique effet du miroir inversant. De quoi créer un climat d'angoisse pesant et provoquer quelques belles sueurs froides.

Voilà qui donne en tout cas envie de voir ce que David Bruckner fera en reprenant prochainement Hellraiser, franchise culte lancée par le Britannique Clive Barker en 1987…

The Night House / La Proie d'une ombre Film d'horreur De David Bruckner Scénario Ben Collins & Luke Piotrowski Avec Rebecca Hall, Sarah Goldberg, Stacy Martin, Evan Jonigkeit… Durée 1h51.

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© D.R.