Lion d‘or d‘honneur pour Jamie Lee Curtis à la Mostra, qui présente “Halloween Kills"

Ce mercredi soir, Jamie-Lee Curtis recevait à la 78e Mostra de Venise un Lion d‘or pour l‘ensemble de la carrière. L‘actrice américaine présentait dans la foulée Halloween Kills, le 12ème volet de sa traque de Michael Myers, l‘un des tueurs en série les plus emblématiques du cinéma américain.

Lion d‘or d‘honneur pour Jamie Lee Curtis à la Mostra, qui présente “Halloween Kills"
© Mostra del cinema
Hubert Heyrendt, à Venise

En 2018, David Gordon Green redonnait un coup de jeune et un peu de prestige à la saga Halloween, en revenant aux fondamentaux du film de John Carpenter en 1978: l'affrontement brutal entre Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) et Michael Myers, le tueur au couteau et au masque blanchâtre. Quarante ans après leur première rencontre, Laurie pensait en avoir fini avec son ennemi juré. Avec sa fille (Judy Greer) et sa petite-fille (Andi Matichak), elles l'avaient en effet laissé pour mort à la fin de Halloween, prisonnier de sa maison en feu. Mais on ne se débarrasse pas si facilement du mal…

Retardé d'un an pour cause de crise Covid, Halloween Kills a été dévoilé hors Compétition ce mercredi soir à Venise, à l'issue de la cérémonie de remise d'un Lion d'or d'honneur à Jamie Lee Curtis. Le film reprend exactement là où s'arrêtait le volet précédent. En cette nuit d'Halloween 2018, Myers parvient à échapper aux flammes grâce à l'aide des pompiers venus éteindre l'incendie chez Laurie. Pompiers qu'il s'empresse de massacrer, notamment à la tronçonneuse (petit clin d'œil à Tobe Hooper, créateur de Leatherface, sorte de cousin texan de Michael Myers). Débute alors, entre le monstre et les habitants de la ville, un macabre jeu du chat et de la souris…

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Un hommage respectueux

Halloween Kills est le deuxième volet de la trilogie que David Gordon Green consacre au chef-d'œuvre horrifique de Carpenter, toujours crédité comme producteur mais aussi comme compositeur de ces quelques notes de synthé iconiques qui plongent d'emblée le spectateur dans une atmosphère d'angoisse. Après quelques films indé remarqués (Prince of Texas, Joe ou Mangelhorn), le cinéaste texan s'était essayé avec moins de réussite au film de studio avec Stronger qui, en 2017, retraçait de façon outrancièrement patriotique les attentats de Boston.

Avec Halloween, il est parfaitement dans son élément, rendant un hommage respectueux au maître Carpenter. Outre la musique, il reprend jusqu'à la police de caractère du générique original, mais aussi le style visuel, recréé avec minutie, dans les flashbacks qui reviennent sur les événements de la nuit d'Halloween originelle dans la petite ville d'Haddonfield, Illinois, en 1978.

Halloween Kills convoque par ailleurs une tripotée de personnages du film original qui, tous, décident de venir en aide à Laurie Strode. C'est même une ville entière qui se met aux trousses du tueur en série avec comme slogan: « Le mal meurt ce soir! »

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La soif de sang d‘une foule déchaînée

David Gordon Green en profite en effet pour mettre en scène la folie qui s’empare d’une foule menée par un leader charismatique, réunie par la haine et la soif de sang et de vengeance. C’est le cœur du film, dans un hôpital débordé par l’arrivée des victimes de Myers et où la tension finit par devenir totalement incontrôlable. Et où l‘on se demande où se cache vraiment le mal. L‘écho au climat qui régnait aux Etats-Unis en fin de mandat Trump est palpable…

Pour le reste, le scénario est quand même assez basique, enchaînant les mises à mort bien gore pour ravir les fans. Tout en glissant quelques allusions contemporaines (un couple homo, une femme médecin et son mari infirmier…), histoire de mettre à jour une saga qui n'en finit plus d'inspirer Hollywood. On découvrira ainsi l'année prochaine Halloween Ends, dernier volet de la saga. En tout cas pour Gordon Green, qui s'attelle désormais à un autre remake d'un autre grand classique du cinéma horrifique: L'Exorciste de William Friedkin.

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