"Queenpins": des femmes au foyer qui montent un business très juteux... mais pas vraiment légal

Kristen Bell dans une comédie hollywoodienne qui malmène à nouveau l’idée du rêve américain.

Connie Kaminski (Kirsten Bell) et sa copine Jo-Jo (Kirby Howell-Baptiste, vue récemment dans Cruella ) vivent dans un quartier tranquille de Phoenix, Arizona. Alors que son mariage avec un contrôleur des impôts bat de l'aile après plusieurs tentatives de fécondations in vitro qui les ont ruinés, la première s'est prise de passion pour les coupons de réduction, qu'elle collectionne avec ardeur, pensant faire économiser de l'argent au ménage, alors qu'elle ne fait qu'accumuler les achats inutiles. La seconde tente de monter sa marque de cosmétiques pour peaux noires.

Ensemble, elles vont monter un business très juteux, mais pas vraiment légal : elles font venir d'une imprimerie au Mexique des centaines de vrais faux coupons - offrant gratuitement des couches pour bébés, des rouleaux de papier toilette ou des paquets de céréales -, qu'elles s'empressent de revendre en ligne. Rapidement dépassées par le succès et par les dizaines de milliers de dollars qu'elles accumulent, les deux amatrices doivent se professionnaliser. Mais leur petite entreprise florissante attire l'attention de Ken Miller, employé d'une grande chaîne de supermarchés (Paul Walter Hauser, dans un rôle similaire au sien dans le Richard Jewell de Clint Eastwood). Lequel fait équipe avec un officier de l'US Postal Inspection Service (Vince Vaughn), le FBI de la Poste américaine, pour tenter de démasquer les fraudeuses…

Thriller ironique

Deux ans après le succès d'Hustlers, avec Jennifer Lopez et Constance Wu, revoici une nouvelle production du studio STX qui joue exactement sur la même corde : mettre en scène des femmes ordinaires poussées par les circonstances de la vie à mordre la ligne de la légalité pour devenir des femmes d'affaires à succès. Point de strip-teaseuses organisant des tournois de poker ici, mais des femmes au foyer détournant les bons de réduction, symboles du rôle de consommatrices à laquelle les réduit la société de consommation américaine.

Signé Aron Gaudet et Gita Pullapilly (couple déjà auteur de Beneath the Harvest Sky en 2013), le scénario de Queenpins (littéralement "Les Baronnes") est inspirée d'une histoire vraie, qui s'est déroulée à Phoenix au début des années 2010. Mais pas question de signer un polar ici, plutôt une comédie enlevée, produite par Ben Stiller et emmenée par Kirsten Belle, à l'impressionnant abattage.

Une comédie bien dans l'air du temps, parfaitement représentative d'un pan de la production hollywoodienne actuelle. Après Hustlers, mais aussi Gold avec Matthew McConaughey, The Founder avec Michael Keaton ou encore récemment I Care a Lot avec Rosamund Pike, Queenpins est en effet l'énième avatar de ces comédies ironiques qui semblent enregistrer la mort du rêve américain. Ou plutôt sa mutation. Les héroïnes de Queenpins ont en effet compris qu'aux États-Unis, la réussite n'appartient pas à celles et ceux qui respectent les règles mais aux cyniques qui acceptent de flirter avec la légalité. Le résultat est toujours aussi savoureux, même si le procédé commence à se faire répétitif…

Queenpins Comédie cynique Scénario & réalisation Aron Gaudet & Gita Pullapilly Musique Siddhartha Khosla Avec Kristen Bell, Kirby Howell-Baptiste, Paul Walter Hauser, Vince Vaughn… Durée 1h50.

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© D.R.