"Halloween Kills": arrivant après l'ère Trump en raison de la crise Covid, le film paraît déjà daté...

Jamie Lee Curtis reprend du service dans le 12e volet de la saga "Halloween".

En 2018, David Gordon Green redonnait un coup de jeune et un peu de prestige à la saga Halloween, en revenant aux fondamentaux du film de John Carpenter de 1978 : l'affrontement brutal entre Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) et Mike Myers, le célèbre tueur au couteau et au masque blanchâtre. Quarante ans après leur première rencontre, Laurie pensait en avoir fini avec son ennemi juré, qu'avec sa fille (Judy Greer) et sa petite-fille (Andi Matichak), elle avait laissé pour mort, prisonnier de sa maison en feu. Mais on ne se débarrasse pas si facilement du mal…

Retardé d'un an pour cause de Covid et finalement dévoilé à la Mostra de Venise en septembre dernier (où Jamie Lee Curtis recevait un Lion d'or d'honneur), Halloween Kills reprend exactement là où s'arrêtait le film précédent. En cette nuit d'Halloween, Myers parvient à échapper aux flammes grâce à l'aide des pompiers venus éteindre l'incendie chez Laurie. Pompiers que le tueur s'empresse de massacrer, notamment à la tronçonneuse (petit clin d'œil à Tobe Hooper, créateur de Leatherface, sorte de cousin texan de Mike Myers). Débute alors, entre le monstre et les habitants de la ville, un macabre jeu du chat et de la souris…

À mi-chemin de la trilogie

Halloween Kills est le deuxième volet de la trilogie que David Gordon Green consacre au chef-d'œuvre horrifique de Carpenter - le vieux réalisateur est toujours crédité comme producteur, mais aussi comme compositeur de ces quelques notes de synthé iconiques qui plongent d'emblée le spectateur dans une atmosphère d'angoisse. Après une série de films indé remarqués (Prince of Texas, Joe et Mangelhorn ), Green s'était essayé, avec nettement moins de réussite, au film de studio avec l'ultra-patriotique Stronger (sur les attentats de Boston en 2017). Avec Halloween, le Texan est parfaitement dans son élément, rendant un hommage respectueux au maître Carpenter. Outre la musique, il reprend jusqu'à la police de caractères du générique original, mais aussi le style visuel, recréé avec minutie, dans les flash-backs qui reviennent sur les événements de la nuit d'Halloween originelle, dans la petite ville d'Haddonfield, Illinois, en 1978.

Halloween Kills convoque en effet une tripotée de personnages du film original qui, tous, décident de venir en aide à Laurie Strode. C'est même une ville entière qui se met aux trousses du tueur en série avec comme slogan "Le mal meurt ce soir !"

Une foule déchaînée

De façon glaçante, David Gordon Green met en scène la folie qui s’empare d’une foule menée par un leader charismatique, réunie par la haine et la soif de sang et de vengeance. C’est le cœur du film, dans un hôpital débordé par l’arrivée des victimes de Myers et où la tension finit par devenir totalement incontrôlable. En écho à la fin de mandat loufoque de Donald Trump.

Pour le reste, le scénario est basique, enchaînant les mises à mort bien gores pour ravir les fans. Tout en glissant quelques allusions contemporaines (un couple homo, une femme médecin et son mari infirmier…), histoire de mettre à jour une saga qui n'en finit plus d'inspirer Hollywood. On découvrira ainsi en 2022 Halloween Ends, le dernier volet de la trilogie de Green. Lequel s'attelle désormais au remake d'un autre grand classique du cinéma horrifique : L'Exorciste de William Friedkin.

Halloween Kills Film d'horreur De David Gordon Green Scénario Scott Teems, Danny McBride et D.G. Green Musique John et Cody Carpenter, Daniel A. Davies Avec Jamie Lee Curtis, Judy Greer… Durée 1h46.

"Halloween Kills": arrivant après l'ère Trump en raison de la crise Covid, le film paraît déjà daté...
©D.R.