"Aline" : l'hommage de Valérie Lemercier à Céline Dion

"Aline" : l'hommage de Valérie Lemercier à Céline Dion

Dans la famille Dieu, on chante, on danse et on aime faire la fête. L’imposant nombre de participants aide à mettre de l’ambiance, c’est certain, mais le plaisir d’être ensemble et de créer est la principale source dinspiration du spectacle. Un jour, une voix émerge pourtant au milieu de la chorale familiale : Aline, la petite dernière semble avoir un don particulier et impressionnant. Bientôt, les clients affluent pour la voir et l’écouter chanter chaque samedi soir. Son succès est tel que son frère aîné décide de contacter un grand manager de star québécois : Guy-Claude Kamar.

Si tout n'est pas parfaitement calqué sur la vie de la véritable Céline Dion, tout est dûment évoqué dans Aline : les origines extrêmement modestes, la famille très nombreuse, le côté clownesque qui vient de sa position de petite dernière, l'accent à couper au couteau, le lien très étroit avec sa mère Sylvette, la scolarité en berne, la rencontre avec son Pygmalion, les canines imposantes, la passion des chaussures, le rythme infernal des spectacles et des tournées, le désir d'enfant longtemps contrarié… Tout jusqu'aux contours de la personnalité de la jeune fille : son côté sans filtre et à livre ouvert, formidablement spontané. Mais surtout son don incroyable : cette voix puissante, enveloppante, douce et imposante, à la formidable amplitude, ainsi que ses habitudes de travailleuse infatigable.

Aline est un film de fan ultime qui tient du "petit Céline Dion illustré", avec second degré et clins d'œil assumés à la clé. Ce qui transparaît à travers lui, c'est l'admiration et le profond respect de la comédienne française pour la chanteuse québécoise mais aussi pour sa plus belle histoire d'amour.

En choisissant de mettre en lumière sa double passion - avec René-Charles et avec son public -, Valérie Lemercier crée un récit à la (dé)mesure de Céline Dion, un film certes un peu long mais sincère et, par moments, vraiment touchant.

On sent la patte de la fan chez la réalisatrice qui restitue les ambiances, les costumes, la gestuelle et les mimiques de la star et donne libre cours à son talent pour les métamorphoses comme dans Palais royal (2005). Il y a beaucoup de tendresse et de déférence dans cette revisite de l'histoire de l'artiste internationale, de l'admiration face à son travail et à son incroyable parcours aussi.

Piques dissimulées et second degré

Le portrait pourra sembler trop parfait, trop "lisse" car le résultat est très positif et admiratif, il est vrai. Valérie Lemercier s’autorise toutefois quelques piques bienvenues sur les rêves adolescents de Céline et sur la mégalomanie de son immense maison à Los Angeles. Mais ce qui transparaît de la femme dévouée à son mari, ses parents, ses frères et sœurs ou ses enfants, et à son public, sonne très juste. Tout comme la recréation de sa voix par le truchement de celle de la chanteuse Victoria Sio.

Le résultat est un film qui déploie strass et paillettes comme un véritable spectacle de la diva mais qui n’oublie pas la jeune fille fragile et volontaire, retranchée derrière cette incroyable passion qui a guidé toute sa vie. Qu’on soit fan de Céline Dion ou pas, on ne peut que saluer la jolie performance réussie par Valérie Lemercier pour son sixième film. À la fois drôle et touchant.

Aline Faux biopic De Valérie Lemercier Scénario Valérie Lemercier, Brigitte Buc Avec Valérie Lemercier, Sylvain Marcel, Danielle Fichaud Durée 2h08.

"Aline" : l'hommage de Valérie Lemercier à Céline Dion
©D.R.