Que vaut "SOS Fantômes : l’Héritage", la suite du classique de 1984 ?

Le titre français de Ghostbusters : Afterlife est on ne peut mieux choisi : SOS Fantômes : l'Héritage. Il est bel et bien question d'un double legs ici. D'abord celui du réalisateur Jason Reitman (Thank You for Smoking, Juno, Tully) qui prend la succession de son père, auteur des deux premiers Ghostbusters (1984 et 1989).

Il y a aussi un héritage dans le récit, celui que reçoit Callie (Carrie Coon), la fille d'Egon Spengler, un des quatre chasseurs de fantôme. Callie n'a pratiquement pas connu son père, qui a abandonné sa famille pour poursuivre ses chimères ectoplasmiques. La maison dont elle hérite est une vieille bicoque, dans un trou perdu, Summerville. Egon était considéré comme un peu fou par les habitants. Elle y débarque avec son fils ado un peu lunatique, Trevor (Finn Wolfhard, qui a déjà endossé le costume des chasseurs de fantômes dans Stranger Things) et sa fille Phoebe (Mckenna Grace), dont le cerveau tient de celui d'Egon.

Des événements étranges surviennent qui amènent Phoebe à marcher sur les traces de son grand-père tandis que son frère découvre dans la grange un vieux corbillard peint en blanc et frappé d’un étrange logo.

Jason Reitman et son coscénariste Gil Kenan se font plaisir en revenant aux sources du classique des années 1980 - et de ceux d'un certain Steven Spielberg à la même époque. Oubliée la tentative de reboot au féminin de Ghostbusters en 2015. L'Héritage est une vraie suite, qui vient habillement compléter l'intrigue du premier opus de 1984 et l'inscrire dans une mythologie plus vaste. Au passage, les deux auteurs rendent hommage aux films pour ados des années 1980 auxquels ils ont été biberonnés (lire notre entretien).

SOS Fantômes : l'Héritage ne résoudra pas le paradoxe d'un Hollywood incapable d'inventer de nouvelles franchises originales. Mais, à l'instar de la vieille guimbarde des chasseurs de fantômes d'antan, la mécanique tient encore la route. Bien que prévisible, le récit est bien ficelé et malin quand il convoque la mémoire du modèle.

Reitman assure le fan service avec son lot de références pour ceux qui étaient ados en 1984. Se remettre le premier opus dans la rétine n'est d'ailleurs pas une mauvaise idée si on veut savourer celui-ci - même si on l'appréciera aussi sans rien connaître de l'univers. La plus belle réussite de Reitman et Kenan est l'intégration de la mort bien réelle d'Harold Ramis (interprète et cocréateur du Ghostbusters original) dans le récit, jusqu'à une dédicace finale. Le caméo des autres survivants (et de Sigourney Weaver : ne ratez pas la séquence post-générique) est moins accessoire que dans le reboot de 2015.

Tant qu’à sacrifier à la féminisation des blockbusters, la jeune Mckenna Grace (13 ans à l’époque du tournage) incarne avec naturel une rafraîchissante jeune héroïne maligne et plein d’esprit. Elle forme un tandem pétillant avec Logan Kim, son condisciple toqué de podcast.

On pourra chipoter sur le fait que le prof de Phoebe, Mr. Grooberson (Paul Rudd, toujours excellent) est le seul adulte qui semble se souvenir des événements de 1984 - tout de même l’équivalent d’une espèce de 11-Septembre paranormal - mais ne gâchons pas le plaisir gamin.

SOS Fantômes : l'Héritage / Ghostbusters : Afterlife Suite inspirée De Jason Reitman Scénario Jason Reitman et Gil Kenan Avec Mckenna Grace, Finn Wolfhard, Logan Kim, Carrie Coon, Paul Rudd Durée 2h04.

Que vaut "SOS Fantômes : l’Héritage", la suite du classique de 1984 ?
©D.R.