"House of Gucci": Ridley Scott revient sur l’histoire tragique et excentrique du clan Gucci, qui a défrayé la chronique

Quarante-deux jours après la sortie de son précédent film The Last Duel , revoilà Ridley Scott en salle avec cette tumultueuse biographie de la famille Gucci, de la gloire à la renaissance en passant par le déclin et le meurtre. Un film qui joue à merveille des potentialités d'un casting de premier plan : Lady Gaga, Adam Driver, Jeremy Irons, Al Pacino, Salma Hayek, Jared Leto et Camille Cottin et de l'aura que chaque comédien(ne) a pu développer de film en film, faisant flotter sur le récit, le parfum du Parrain ou du Clan des Siciliens.

La saga de la famille Gucci, à elle seule, est un film taillé pour la démesure du grand écran : jalousie, trahison, vengeance, convoitise, ressentiments et, finalement, meurtre. Dans cette famille qui a longtemps représenté la quintessence du style italien, raffiné et élégant, le goût du luxe, des œuvres rares et d’une certaine excentricité a nourri les débats et les différends au sein d’un clan peinant à s’adapter aux nouvelles réalités du commerce international. Entre conservatisme et mauvaise gestion comptable, respect du patrimoine et nécessaire modernisation, l’empire Gucci n’a pas réussi à négocier les virages qui s’imposaient. Et s’est lentement délité, laissant des personnes extérieures, plus affûtées ou plus riches, prendre progressivement le contrôle de son capital et son avenir.

Pour retracer cette aventure sinusoïdale, Ridley Scott s'est basé sur le scénario de Becky Johnston et Roberto Bentivegna, lui-même librement inspiré du livre The House of Gucci : A Sensational Story of Murder, Madness, Glamour, and Greed, écrit par Sara Gay Forden en 2000.

Un film porté par des interprètes habités par leur rôle

On y suit le parcours de Maurizio Gucci (Adam Driver), jeune étudiant en droit qui fait la fierté de son père Rodolfo (Jeremy Irons) et semble promis à un brillant avenir. Lorsqu’il croise la ravissante Patrizia Reggiani (Lady Gaga), le fils à papa est prêt à tout laisser tomber pour vivre avec celle qui lui donne des ailes. Quand son oncle Aldo (Al Pacino) reprend contact avec lui, Patrizia, aussi ambitieuse que lucide, voit immédiatement le potentiel de ce rapprochement familial. Tout se passe au mieux pour le couple qui (re)prend sa place au sein du clan et de la marque mondialement célèbre. Jusqu’à ce que le couple commence à battre de l’aile…

Via la musique, le montage et les cadrages, le film se joue habilement du milieu qu’il déshabille, au fil de scènes aux dialogues souvent tranchants ou déconnectés de la réalité. Le scénario met en lumière les aspects les plus déjantés de cette histoire qui a défrayé la chronique au fil des frasques de Paolo Gucci (Jared Leto, impérial dans sa posture de génie incompris) et des dépenses inconsidérées de son cousin Maurizio.

Lady Gaga impressionne par sa prestation d'une grande justesse, suivant l'évolution de Patrizia Gucci, de la jeune fille ambitieuse à la femme d'affaires et mère de famille, jalouse et obsessionnelle. Un rôle qui lui colle littéralement à la peau et confirme tout le bien que l'on a pu penser d'elle, depuis sa révélation en tant que comédienne dans A Star is born de Bradley Cooper en 2018..

House of Gucci De Ridley Scott Scénario Becky Johnston et Roberto Bentivegna Avec Adam Driver, Lady Gaga, Al Pacino, Jeremy Irons, Jared Leto, Salma Hayek Durée 2h38.

"House of Gucci": Ridley Scott revient sur l’histoire tragique et excentrique du clan Gucci, qui a défrayé la chronique
©D.R.