"Animal": Cyril Dion donne la parole à deux ados dans un tour du monde des luttes écologistes

Comme des dizaines de milliers de jeunes à travers le monde, Bella Lack, Londonienne de 16 ans, et Vipulan Puvaneswaran, lycéen parisien d’origine sri-lankaise du même âge, ont participé aux marches pour le climat, sous l’impulsion de Greta Thunberg. Ils appartiennent à cette génération qui a pris conscience que le désastre écologique n’était pas une vue de l’esprit. Qui sait qu’elle les touchera de plein fouet. Une génération déjà fatiguée des tergiversations et des compromissions des dirigeants actuels. Pour Vipulan, les marches pour le climat ont aidé à la prise de conscience des jeunes, mais n’ont débouché sur rien de concret. Aujourd’hui, il est temps, selon lui, de passer à des actions de désobéissance civile…

Sous l'impulsion du documentariste et militant écologiste Cyril Dion, les deux ados partent à la rencontre d'hommes et de femmes qui agissent déjà pour changer les choses. On l'a compris, le principe est le même que dans Demain en 2016 : proposer des solutions concrètes, plutôt que de se lamenter. Mais, cinq ans plus tard, les choses ne semblent guère plus avancées. La situation s'est au contraire aggravée et Bella craint de devenir adulte et d'avoir des enfants dans un monde sans dauphins, éléphants, pandas ou rhinocéros sauvages…

Pas un plaidoyer vegan

Animal n'est pas un plaidoyer pour l'alimentation végane, même si nos deux jeunes héros le sont tout naturellement… Ce qui provoque une confrontation pleine d'incompréhension entre les deux jeunes et le propriétaire d'une exploitation où s'entassent, dans des cages minuscules, des milliers de lapins. "Ah, celui-là il est mort. Mais faut pas t'inquiéter, il est mort de mort naturelle. On en perd dix comme ça tous les jours", dit l'éleveur français, derrière un sourire gêné, à la jeune Anglaise. Laquelle sera plus émue, et remettra même ses certitudes en question, face à un berger du Jura, qui cherche des solutions pour que ses bêtes ne soient pas dévorées par le loup, qui a fait son retour dans la région…

Solutions. Tel est le mot-clé de la démarche de Cyril Dion, comme celle de Florence Vasseur dans le récent Bigger than Us , présenté lui aussi dans la section "Cinéma pour la planète" à Cannes en juillet dernier et proposant exactement la même structure. Soit, ici, mettre en lumière des démarches qui, aux quatre coins du monde - avec tout le flight shame que cela représente pour nos deux jeunes activistes -, cherchent à lutter contre les cinq grands piliers de la 6e extinction de masse : la perte de l'habitat, la surexploitation de certaines espèces (notamment dans la pêche), le réchauffement climatique, la pollution et les espèces invasives.

La recherche de solutions

Et il faut avouer que certaines solutions présentées dans Animal donnent envie d'y croire. Que ce soit la sauvegarde des petits renards gris des Channel Islands en Californie, la création du crime d'écocide, la pratique de la permaculture dans une exploitation en France - qui, sur une surface plus petite, produit dix fois plus qu'un maraîcher traditionnel - ou la reforestation du Costa Rica. La part de son territoire couverte de forêts était passée, des années 1950 aux années 1980, de 70 à 20 % ! Grâce à un programme volontariste du gouvernement, elle est repassée aujourd'hui à 50 %…

Animal Documentaire inspirant De Cyril Dion Scénario Cyril Dion et Walter Bouvais Musique Sébastien Hoog et Xavier Polycarp Durée 1h45.

"Animal": Cyril Dion donne la parole à deux ados dans un tour du monde des luttes écologistes
©D.R.


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