"West Side Story": Spielberg s’offre et réussit un remake du classique de la comédie musicale

Le réalisateur s’offre et réussit un remake du classique de la comédie musicale de Jerome Robbins et Robert Wise.

WEST SIDE STORY
©Niko Tavernise

En 1957, le quartier de l’Upper West Side de Manhattan est en pleine mue. C’est le ballet des boules de démolition. Dans les rues avoisinantes, deux gangs de rue s’affrontent : les Jets, natifs de New York, et les Sharks, d’origine portoricaine. Cette rivalité virevoltante s’aggrave quand Tony (Ansel Elgort), ancien meneur des Jets, tombe amoureux de Maria (Rachel Zegler), la sœur du Shark Bernardo (David Alvarez).

On connaît cette West Side Story, inspirée du Roméo et Juliette de Shakespeare. Créé à Broadway en 1957 par Leonard Bernstein, Stephen Sondheim et Arthur Laurents, la comédie musicale a été portée à l'écran en 1961 par Jerome Robbins et Robert Wise. Il fallait un Steven Spielberg pour revisiter un demi-siècle plus tard ce monument couronné de dix oscars.

Comme Wise et Robbins en leur temps, Spielberg a opté pour un tournage in situ, à New York même si le West Side de 1957 n’est plus. La recherche d’un relatif réalisme (un brin en contradiction avec le décalage qu’impose la comédie musicale) s’étend aux personnages, plus jeunes et moins glamours que le cast du film de Robert Wise. Jets comme Sharks ont des physiques et des looks de petites frappes.

Les seconds, sont tous d’origine hispanique, , contrairement à la version de 1961. Dans celle-ci, Rita Moreno était la seule authentique portoricaine. Elle incarnait Anita, fiancée de Bernardo, rôle qui lui a valu d’être la première latino-américaine oscarisée.

Trait d’union, elle joue ici une version féminine de Doc, propriétaire du drugstore où travaille Tony, et doyenne du quartier qui dialogue avec les deux communautés suite à un mariage mixte.

Sans altérer le matériau original, Spielberg et le scénariste Tony Kushner s’attachent à moderniser un récit un brin daté. Tony se voit doté d’un passé de repris de justice, le lieutenant Schrank est raciste, les Jets sont renvoyés à leurs propres origines de fils ou petit-fils d’immigrés… Geste quasi-politique dans l’Amérique de 2021, les auteurs laissent près de 40 % des dialogues en espagnol, actant le bilinguisme de facto des États-Unis.

L’enthousiasme de Spielberg et de sa troupe électrise les scènes : l’emblématique "I Like To Be in America", désormais au grand jour et en pleine rue, "Tonight", avec un clin d’œil au clip "Beat It" de Michael Jackson, ou "I Feel Pretty" dans un grand magasin.

Sans révolutionner le propos ni le genre, Spielberg réussit le pas de deux de la nostalgie et du moderne. On ne boude pas son plaisir.

West Side Story Classique musical De Steven Spielberg Scénario Tony Kushner Musique Leonard Bernstein, David Newman, Stephen Sondheim Avec Ansel Elgort, Rachel Zegler, Ariana DeBose, David Alvarez, Mike Faist,… Durée 2h36.

"West Side Story": Spielberg s’offre et réussit un remake du classique de la comédie musicale
©D.R.