Scream: "Ghostface, je suis ta fille…"

Le cinquième opus de la saga Scream théorise et applique le concept de "requel", ces suites-remakes symbolisant le manque d'originalité hollywoodienne… Cynique et peu terrifiant.

Vingt-cinq ans après les premiers meurtres qui ont frappé la paisible petite ville californienne de Woodsboro, un terrible tueur en série renfile le costume et le masque de Ghostface. Il vise cette fois Tara Carpenter (Jenna Ortega), qui a la mauvaise idée de répondre à un inconnu sur le téléphone fixe de la maison, alors qu’elle est seule… Son agressionforce sa soeur Sam (Melissa Barrera) à revenir Woodsboro, qu’elle avait quitté après avoir découvert qu’elle était la fille de... Billy Loomis, le tueur originel…

Mort en août 2015, Wes Craven, maître de l'horreur avec à son actif des classiques Seventies comme La Dernière Maison sur la gauche, La Colline a des yeux ou Les Griffes de la nuit (et son iconique Freddy), avait retrouvé une seconde jeunesse en 1996 grâce à Scream. Sur un scénario de Kevin Williamson (qui cartonnera deux ans plus tard en télé également grâce à sa série Dawson, qui a également droit à son clin d'œil ici), le vieux cinéaste réinventait le slasher, en relisant façon pastiche le classique de son pote John Carpenter: Halloween. Trouvant l'équilibre parfait entre comédie et terreur, Scream sera un énorme carton au box-office, restant jusqu'en 2018 le slasher ayant engrangé le plus de dollars au box-office (173 millions, pour un budget de 14 seulement). Wes Craven signera trois suites, en 1997, 2000 et 2011.

Scream: "Ghostface, je suis ta fille…"
©Paramount

Retour aux sources

Onze ans plus tard, pour le 25e anniversaire de la saga, Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett reprennent le flambeau, en proposant une suite, attendue, sous forme de reboot. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils assurent le fan service, en faisant revenir les acteurs iconiques des premiers volets: Neve Campbell, Courtney Cox et David Arquette. Mais surtout en s'inscrivant à plein dans la dimension "méta" de la saga, reprenant notamment à leur compte le principe de la liste de règles qui s'appliquent dans un bon film d'horreur, repris à chaque épisode de Scream.

Scream relisait ainsi le slasher classique, Scream 2 ironisait sur les suites, Scream 3 moquait les derniers volets d'une trilogie et Scream 4 raillait les remakes. En 2022, Scream (sans le 5) théorise et applique donc le concept de « requel ». Ces suites-remakes qui ont tant le vent en poupe depuis quelques années à Hollywood, de Star Wars à Rocky (avec Balboa), en passant par Ghosbusters ou un certain… Halloween. Le principe? Revenir aux fondamentaux d'une saga en en reprenant le récit originel, légèrement modernisé (féminisation, inclusivité, réseaux sociaux, vidéos en ligne…), tout en impliquant les personnages historique. Tout cela n'a rien de bien neuf. Mais qu'à cela ne tienne, Scream a beau jeu de dénoncer, comme les fans, le manque d'originalité et d'audace à Hollywood (en faisant au passage l'éloge de Jordan Peele, de Babadook ou de It Follows)… tout en appliquant, très cyniquement, exactement la même recette…

Le problème, c’est que le côté "méta" prend ici complètement le dessus sur les autres aspects, que ce soit la comédie ou l’horreur. Car si Wes Craven flirtait sans cesse avec l’autoparodie en nous faisant rire, il avait le bon goût de réussir malgré tout à nous terrifier. Ce n’est clairement pas le cas dans ce film conçu comme la parodie d’une parodie d’une parodie… Ça se croit malin mais, au final, c'est carrément soûlant...

Scream: "Ghostface, je suis ta fille…"
©Paramount

Scream Slasher méta Réalisation Matt Bettinelli-Olpin & Tyler Gillett Scénario James Vanderbilt & Guy Busick Avec Melissa Barrera, Kyle Gallner, Mason Gooding, Courteney Cox, David Arquette, Neve Campbell… Durée 2h

Scream: "Ghostface, je suis ta fille…"
©Cote LLB