"La Vie électrique de Louis Wain": Benedict Cumberbatch rejoue son numéro de l’excentrique asocial

Benedict Cumberbatch refait son numéro en incarnant une figure de l’art britpop.

Avant les LOL cats des réseaux sociaux, il y a eu les chats de Louis Wain. Si l’on en croit ce film, personne, avant lui, n’aurait eu l’idée de prendre un félin comme animal de compagnie.

L'écrivain H.G. Wells a résumé l'impact de Wain sur la société britannique. "Le chat c'est lui. Il a créé un style de chat, une société de chats, tout un univers du chat."

Comme il se doit, cet artiste fantasque - passionné par l'électricité, alors naissante - a eu ses parts d'ombre et de vaches maigres, que ce film de Will Sharpe se fait un devoir de passer en revue selon les canons du biopic à l'anglaise.

On cherche moins le grand homme qui a sauvé le monde de quelque tyrannie ou cataclysme, que l’humble artisan porteur de quelque génie tout britannique. Cela ne fâchera personne outre-Manche : le Tory y trouvera son autosatisfaction identitaire, le travailliste la démonstration que le talent n’est pas affaire de classe.

Le casting répond aux mêmes évidences : Benedict Cumberbatch n'en est pas à sa première incarnation d'un mythe anglais, entre deux tours chez Marvel ou un contre-emploi (Power of the Dog). L'acteur rejoue son numéro de l'excentrique asocial, cousin de Sherlock et Alan Turing (diagnostiqué schizophrène, Wain était aussi atteint du syndrome d'Asperger).

Mais le film ne dépasse guère l'évocation nostalgique, avec quelques enluminures kitsch supposées nous montrer le monde sous le prisme "électrique" de Wain.

La Vie électrique de Louis Wain / The Electrical Life of Louis Wain Testament à l'anglaise De Will Sharpe Scénario Will Sharpe, Simon Stephenson Avec Benedict Cumberbatch, Claire Foy, Andrea Riseborough, Toby Jones,… Durée 1h51.

"La Vie électrique de Louis Wain": Benedict Cumberbatch rejoue son numéro de l’excentrique asocial
©D.R.

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