"L’amour, c’est mieux que la vie": on connaît la chanson...

Pour son 50e long métrage, le cinéaste a fait appel à ses nombreux fidèles et tissé un récit adressant des clins d’œil à sa filmographie.

Sachant leur meilleur pote condamné, Ary (Abittan) et Philippe (Lellouche) décident de lui offrir sa dernière histoire d’amour. Ce qui pourrait apparaître comme une idée glauque et de très mauvais goût provoque une étincelle inattendue et une rencontre étonnante grâce à la complicité et à la finesse de la complice choisie : une professionnelle des relations humaines, élégante patronne d’une agence d’escort girls, pleine de tact et de bon sens : Sandrine (Bonnaire).

Les trois "A" entrent dans la danse

Dans ce long métrage conçu comme une valse à trois temps, l'amour, l'amitié et l'argent se donnent la réplique car ce sont les principaux thèmes de la vie, aux yeux de Claude Lelouch. Ceux autour desquels toute son existence et tous ses films ont tourné. Avec ce mantra qu'il place dans la bouche de Gérard (Darmon), son alter ego dans le récit, et qui résume sa quête en tant que cinéaste : "L'amour, c'est mieux que la vie".

Cette "inaccessible étoile" - compte tenu de l'état de santé défaillant de son héros, Gérard -, lui permet de dessiner une "comédie pas si dramatique que ça" dans laquelle on retrouve toutes les obsessions qui l'habitent : la force de la religion, la complicité et l'optimisme qui sauvent, la mort qui rôde, la force des femmes,…

Pour son cinquantième long métrage, Claude Lelouch livre un film hybride, empli de clins d'œil, de souvenirs et même de quelques extraits de ses films précédents, comme s'il signait le générique de son testament cinématographique. On y retrouve ses tropismes récurrents : l'amour plus fort que tout, même lorsqu'il s'agit d'une parenthèse fragile (comme dans Un + Une), l'amitié à toute épreuve (comme dans L'aventure c'est l'aventure ou Tout ça pour ça), la maladie qui souligne l'urgence de la vie (comme dans Les plus belles années d'une vie) et la religion qui nous bouscule (comme dans La Belle Histoire). Sans oublier l'irruption de l'imprévu, les instants volés, l'improvisation… Le goût des bons mots et l'art de la pirouette; le parfum de la romance, la musique et les chansons s'invitent dans cette fête afin de rendre la vie plus folle, plus belle. Cela fait beaucoup d'invités et quelques clichés, trop aux yeux de certains...

On connaît la chanson

Si la trame réserve peu de surprises, elle prête parfois à sourire et bénéficie de la justesse de Gérard Darmon, de la générosité de Clémentine Célarié, juste et touchante, de la chaleur de Sandrine Bonnaire et des apparitions d’Elsa Zylberstein et Béatrice Dalle, impériales.

Le film nous entraîne dans un carrousel d’images volontiers nostalgiques, de scènes filmées dans un "Paris éternel" qui résument à la fois le cinéma d’une époque et le parcours d’un réalisateur.

En cas de succès en salle, Claude Lelouch annonce deux autres volets, avec les mêmes acteurs et quelques nouveaux aussi. Cette variation sur trois thèmes plaira aux inconditionnels du cinéaste mais assommera tous ceux qui l’accusent, depuis quelque temps déjà, de ressasser sans cesse le même film…

L'amour, c'est mieux que la vie Récit en spirale De Claude Lelouch Scénario Claude Lelouch Avec Gérard Darmon, Sandrine Bonnaire, Clémentine Célarié, Philippe Lellouche, Béatrice Dalle, Elsa Zylberstein, Robert Hossein, Kev Adams… Durée 1h55.

"L’amour, c’est mieux que la vie": on connaît la chanson...
©D.R.




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