Une 37e édition en beauté pour le Festival de Mons

Du 11 au 19 mars, Mons accueille de grands noms du 7e Art, comme Abel Ferrara, Laurent Cantet et Benoît Debie. Tout en rendant un hommage à Pasolini, à l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance.

Une 37e édition en beauté pour le Festival de Mons
©D.R.

Du 11 au 19 mars prochains, le Festival du film de Mons, créé en 1984 par Elio Di Rupo — ce qui a longtemps valu au rendez-vous sa réputation de festival « socialiste » —, célébrera son 37e anniversaire. En 2019, une nouvelle équipe a repris les rênes de l’événement, le dépoussiérant, en lui ôtant notamment son appellation de festival du « film d’amour ». De quoi s'ouvrir à une programmation plus large. Et force est de constater que cette édition 2022 s’annonce passionnante.

En ouverture, Étienne Comar viendra accompagné de Veerle Baetens et Hafsia Herzi pour venir présenter en avant-première d'À l'ombre des filles, son second long métrage après sa biographie de Django Reinhardt en 2017, avec Reda Kateb et Cécile de France.

Huit jours plus tard, c'est un Wallon, Bouli Lanners, qui clôturera l'événement avec Nobody Has to Know (photo), son premier film anglophone, une romance écossaise dont il partage l'affiche avec Michelle Fairley (surtout connue pour son rôle de Catelyn Stark dans la série Game of Thrones), qui sortira au cinéma quelques jours plus tard, le 23 mars.

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©O'Brother

Focus sur Ferrara, Pasolini et Cantet

Parmi la centaine d'invités belges et étrangers qui viendront présenter leurs films ou participer aux différents jurys, le Festival de Mons mettra à l'honneur quelques grands noms du 7e Art. Désormais basé à Rome, le New-Yorkais Abel Ferrara viendra ainsi donner une masterclass le samedi 12 mars. Tandis que les festivaliers pourront revoir son cultisme King of New York (1990) avec Christopher Walken et son crépusculaire Pasolini (2014, en photo) avec Willem Dafoe. Et ce à l'occasion du centenaire de la naissance de grand écrivain et cinéaste italien(*), auquel le festival consacrera une petite expo, mais surtout un colloque avec, parmi les invités, deux hommes politiques: l'ancien ministre de la Culture MR Richard Miller et le président du PS Paul Magnette, grand connaisseur de Pasolini. Le film choisi pour être remontré sur grand écran est Accatone, le premier film de Pasolini en 1961.

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Le 16 mars, c'est Laurent Cantet qui rencontrera le public montois lors d'une masterclass, à l'issue de la projection de son nouveau film Arthur Rambo (photo), dans lequel il revient sur l'affaire Mehdi Meklat. Le Festival reprogramme par ailleurs quatre de ses films: L'Atelier (2017), Foxfire (2013), Retour à Ithaque (2014) et, bien sûr, sa Palme d'or 2008 Entre les murs.

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Plus original, Mons mettra également à l'honneur, non pas un réalisateur ou un acteur, mais un grand directeur de la photographie belge: Benoît Debie, qui a fait ses débuts aux côtés de Fabrice Du Welz (Calvaire, Vinyan…) et de Gaspar Noé. Au menu du focus qui lui est consacré, trois films de Noé: Irréversible, Climax, et, avant sa sortie en salles 13/4, le bouleversant Vortex avec Dario Argento et Françoise Lebrun (photo). Sans oublier l'explosif et coloré Spring Breakers d'Harmony Korine, avec James Franco et Selena Gomez en 2013.

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Deux compétitions sinon rien

Au total, c'est une centaine de films venus de 21 pays (dont 78 longs métrages) qui sont au menu du festival. Présidé par le cinéaste anglais Michael Radford (1984, Il Postino, Le Casse du siècle) — qui sera notamment secondé par la comédienne belge Lucie Debay et par l'acteur français Aurélien Recoing —, le jury visionnera 11 films avant de remettre son grand prix. Parmi ceux-ci, La Ruche du Belge Christophe Hermans, avec Ludivine Sagnier et Sophie Breyer, ou Mi Iubita mon amour, le premier long métrage de et avec Noémie Merlant (photo).

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L'autre compétition, « Les 400 coups », consacrée à sept oeuvres plus décalées (comme le très intrigant Oranges sanguines de Jean-Christophe Meurisse, avec Denis Podalydès et Blanche Gardin, en photo), sera départagée par un jury présidé par le génial Jean-Benoît Ugeux, comédien et réalisateur de nombreux courts métrages (Eastpack ou Belgium-20, qui était en lice aux Magritte cette année). À ses côtés, on retrouve les comédiennes belges Mya Bollaeers (vue notamment Lola vers la mer de Laurent Micheli) et Babetida Sadjo (vue dans De son vivant d'Emmanuelle Bercot) ou le cinéaste et ancienne figure du grand banditisme François Troukens (Tueurs).

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De nombreuses avant-premières

Parmi la quarantaine d'avant-premières auxquelles le public montois pourra assister, souvent en présence des équipes, notons encore Le Chemin du bonheur de Nicolas Steil, avec Simon Abkarian et Pascale Arbillot, Fragile, le premier long métrage d'Emma Benestan, le très dérangeant Red Rocket de l'Américain Sean Baker (découvert avec The Florida Project en 2018) ou encore De nos frères blessés d'Hélier Cisterne, adaptation du Goncourt du premier roman 2016 signé Joseph Andras, avec Vincent Lacoste et Vicky Krieps. Mais aussi la comédie sociale La Brigade de Louis-Julien Petit, qui, après Les Invisibles en 2018, retrouve Audrey Lamy en cheffe cuisinière dans un foyer d'accueil pour migrants mineurs non accompagnés. Ou le grand retour du Français André Bonzel (le coréalisateur d'un certain C'est arrivé près de chez vous en 1994), qui viendra présenter son documentaire Et j'aime à la fureur, collage de films amateurs sous forme d'autoportrait sur une musique signée Benjamin Biolay.

Enfin, juste avant sa sortie en salles le 16 mars, on se régalera du formidable Rien à foutre (photo) d'Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, avec Adèle Exarchopoulos en plein blues de l'hôtesse de l'air.

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  • Du 11 au 19 mars à l'Imagix, au Plaza Arthouse et au Théâtre royal de Mons. Tickets: 1,25-5-6-7€ (10€ les galas). Pass 10 séances 35€, 4 séances 20€. Rens. & programmation: www.festival-de-mons.be.
  • (*) La Cinematek consacre également une expo et une rétrospective à Pasolini du 4/3 au 8/4 (nous y reviendrons).