"Moonfall": la Lune quitte son orbite pour se précipiter sur la Terre

Roland Emmerich nous rejoue sa partition de l’apocalypse numérique.

François Truffaut prétendait qu'un réalisateur refait toujours le même film. En 1984, Roland Emmerich réalisait le film d'étudiant le plus cher jamais réalisé en Allemagne. Le Principe de l'arche de Noé imaginait comment, dans un futur où les armes nucléaires ont été mises au rebut (douce utopie), un satellite météo sert à provoquer des cataclysmes.

Près de quarante ans plus tard, le réalisateur aux trois milliards de dollars de recettes s'offre une variation à 150 millions de dollars avec Moonfall. Cette fois les tornades, inondations et séismes apocalyptiques qu'affectionne le réalisateur d'Independence Day sont provoqués par une Lune qui quitte son orbite pour se précipiter sur la Terre. Alors que l'Humanité part en sucette comme en 2012, un Space Cow-Boy proscrit reprend du service pour sauver son fiston du Jour d'après.

Épaulé de son ancienne navigatrice, devenue boss de la Nasa (pratique pour relancer une navette exhumée dans un musée) et d'un pseudo-astrophysicien convaincu que la Lune est un satellite artificiel, genre Étoile noire du Troisième type -, ce geek complotiste est un singulier contre-pied aux scientifiques ignorés du récent Don't Look Up.

Pot-pourri emmerichien

Le trio improbable se jettera courageusement dans The Abyss, avec une bombe nucléaire en soute. Ici bas, progéniture, ex et nouveaux époux (plus la nounou chinoise payée par la coproduction des Huayi Brothers) tentent de survivre au milieu des météores et des pillards.

Ne manque que Godzilla pour faire de Moonfall un parfait pot-pourri du cinéma emmerichien et de tous ses cousins catastrophistes (et catastrophiques). Le scénario, farfelu, ne lésine sur rien, surtout pas l'emphase patriotique.

C’est de bonne guerre (des mondes) : avec Emmerich, on sait au moins à quoi s’en tenir. Tout bien considéré, une bonne apocalypse hollywoodienne vaut mieux qu’une sinistre guerre froide réchauffée.

Moonfall Le Jour d'après De Roland Emmerich Scénario Spenser Cohen, Roland Emmerich, Harald Kloser Avec Halle Berry, Patrick Wilson, John Bradley-West,… Durée 2h10.

"Moonfall": la Lune quitte son orbite pour se précipiter sur la Terre
©D.R.