"Morbius": l’impression de resucée mortifère traverse tout ce film en manque d’énergie vitale comme son protagoniste

L’acteur de composition décline son Joker gothique dans cette extension bancale du Spider-Verse.

Le biochimiste Michael Morbius (Jared Leto) est atteint d’une maladie du sang dégénérative. Sa quête d’un remède l’emmène jusqu’au Costa Rica, afin d’expérimenter un sérum à base de sang de vampire (l’animal, pas le mort-vivant). Sa cure le transforme en variante draculesque de Mister Hyde.

Anti-super-héros rescapé de la période gothique de la Marvel, début des années 1970, le méconnu Morbius fait partie du package de personnages dont Sony a acquis les droits d'adaptation avec ceux de Spider-Man. Afin de doper la franchise, le studio a l'ambition de développer son Sony's Spider-Man Universe. Venom : Let There Be Carnage a ouvert la voie l'an dernier, extension parallèle de l'univers Marvel géré en direct par Disney.

Protagoniste ambigu

Au même titre que l’univers cinéma de DC-Warner, Sony mise sur la noirceur. Venom et Morbius sont des protagonistes ambigus aux pulsions sanguinaires. Jared Leto, Joker éclair chez DC, renoue avec les mêmes tropes : corps émacié, teint blafard, regard noir et rictus carnassier (décuplé par l’imagerie numérique).

Clin d'œil audacieux en cette année où l'on commémore le centenaire du premier vampire de cinéma, Nosferatu . Le navire où le biochimiste Michael Morbius s'inocule un sérum en vue de soigner sa maladie du sang incurable se nomme Murnau, comme l'auteur du classique allemand.

Mais Espinosa n'a rien du génie visionnaire du réalisateur allemand. Recyclant tout, des effets de dématérialisation (qui remontent déjà au X-Men 2 de Brian Singer, en 2003) à la musique de Brian Tyler qui sonne comme celle composée par Hans Zimmer pour le Batman Begins de Christopher Nolan, l'impression de resucée mortifère traverse tout ce film en manque d'énergie vitale comme son protagoniste.

Morbius Filon épuisé De Daniel Espinosa Scénario Matt Sazama, Burk Sharpless Avec Jared Leto, Matt Smith, Adria Arjona, Jared Harris,… Durée 1h48.

"Morbius": l’impression de resucée mortifère traverse tout ce film en manque d’énergie vitale comme son protagoniste
©D.R.