"Sans Soleil": des éruptions solaires provoquent chez certains des acouphènes, maux de tête, crises de larmes, fatigue…

Dans ce premier film, avec Asia Argento, Banu Akseki cherche encore style et n’a pas cerné son propos.

Joey (Joe Decroisson), un gamin de cinq ans, déambule avec sa mère (Asia Argento), femme séparée déambulant avec son gamin.

Dans un futur proche, des éruptions solaires provoquent, chez une petite partie de la population, des acouphènes, maux de tête, hypersensibilité, crises de larmes, fatigue, vision floue, manque de sommeil… La mère de Joey est victime de crises terribles… Elle cherche le salut dans une spiritualité et dans une nouvelle drogue qui atténue les effets du bruit.

Un jour, elle disparaît sans laisser de trace. Dix ans plus tard, Joey (Louka Minnella) a été adopté par un couple aisé. Sa mère adoptive (Astrid Whettnall), psychologue, suit des patients atteints par "le bruit".

Joey reste hanté par le fantôme de sa mère. Lorsqu’il croise une femme (Sandrine Blancke) portant une veste identique à celle de sa mère, il la suit.

Amour du plan fignolé

L’argument cinéphile de Sans Soleil est la présence au générique d’Asia Argento, égérie d’une certaine cinéphilie de genre. Il faut un certain courage ou une relative inconscience pour donner à son premier long métrage le titre d’un classique de Chris Marker.

Si Banu Akseki partage un trait avec le réalisateur français, c’est l’amour du plan fignolé, la quête d’atmosphère par l’image et du cinéma comme expérience. La science-fiction a longtemps été un prétexte pour aborder des questions de société ou à s’interroger sur nos dérives.

La dystopie de Sans Soleil se déroule sur un mode minimaliste. Question de budget ou réel parti pris esthétique ? Dépassant les débats du présent sur l'urgence climatique, Banu Akseki imagine un monde où le soleil, de source de vie, est devenu menace amenant l'humanité à sa perte. Le chaos et les fractures sociales qui en découlent sont traités sous l'angle intime : la perte de sa mère par Joey est insurmontable.

On aimerait trouver dans cette dystopie tournée avant le Covid des échos de la singulière expérience collective que l’on a traversée ces deux dernières années. Le réalisateur recherche l’expérience sensorielle, négligeant ses personnages et l’implication du spectateur.

Son ambition thématique est grande, de l’ampleur de celle d’un Terrence Malick. Mais la barre est haut, trop haut, pour un jeune auteur qui expérimente encore lui-même son style et n’a manifestement pas totalement cerné son propos. Le brouillon est de belle facture, mais malheureusement hermétique.

Sans Soleil Dystopie De Banu Akseki Scénario Banu Akseki Avec Louka Minnella, Astrid Whettnall, Sandrine Blancke, Asia Argento,… Durée 1h40.

"Sans Soleil": des éruptions solaires provoquent chez certains des acouphènes, maux de tête, crises de larmes, fatigue…
©D.R.